TOME II
Le doulx ottroy et la response ouye Que fit le Roy, gracieuse et humaine ,
La consorte fu toute resiouye,
Et s’en ala de joye souverainne Devers Ferri monseigneur de Lorainne.
Le roy d’armes, quand ilz furent devant,
Prit de la main propre du poursuyvant Ledit joyel , et suppiez le livra A celle qui tantost le délivra Audit seigneur; mais point ne se faingni Tout homme qui grant joye recouvra A bien crier hault Lorainne Pregny!
La bergiere par les juges livrée Fu au seigneur pour la faire danser;
Et la danse finie et délivrée,
Tous les heraulx, pour mieulx le temps passer, Retournèrent, chascun le puet penser,
Audit seigneur en grant joye et léesse
Remercier le beau don de largesse
En criant hault : Largesse aux pastoureaux!
Puis menèrent les serviteurs loyaux
En ma chambre leur maistresse, et me semble
Que vin y ot et viande à monceaux
Dont ilz firent très bonne chiere ensemble.
La pastourelle en cellui point retraitte ,
Le Roy fit vin et espices venir;
Et puis quant fu la colacion faitte Là véissiez le plaisant contenir Des dames, qui voulurent convenir Devant le Roy et devant la Royne Prendre congié. De toute la confine Dames y ot et assez damoiselles,
Jeunes, gentes, gracieuses et belles,
A qui grevoit bien au cuer le départ.
Pensez s’aucuns devient estre rebelles A les acompaignier de toute part.
En Avignon, en Arle, à Carpentras,
Le lendemain entre elles s’en aloyent,
Les ungs disans de gracieux fatras,
Et les autres d’autre part se galoyent; Aucuns aussi d’amourettes parloyent.
Tant de Salon, que d’Ays, que de Marseille, Il en y ot que ce fu grant merveille ,
Et de Venisse une grant quantité De Languedoc que pas n’ay recité ,
De Monpellier tout le plus et de Nymes, Dont puis vindrent à court en vérité Des dis bien fais , rimez et leonimes.
Maint doulx regret et gracieux souspir Là véissiez de ces doulx cuers saillir Quant il failloit telle joye guerpir Et delaissier, dont je vy tressaillir Une à qui là cuida le cuer faillir Au dire adieu, de grant doleur et d’ire. Pardonnez moy s’il y a que redire En ce livret lequel je vous envoyé :
Meilleur Tariez se meilleur je l’avoye ,
Mon beau seigneur; je suis petit ditteur, Mais je l’ay fait ainsi que je savoye A Tayde d’ung le mien serviteur.
••wt&ar
Googl