ASSAILLANS
Guerry de Charnoix.
Jean de Touteville.
Guillaume de Meullon.
Guichart de Montberon.
Enemont d’Albret.
Jean du Plessis.
Jean de Fénestrange.
Messire Anthoine d’Aubuisson.
Le seigneur de Beauvau.
Jean de Monte-Jehan.
Ferry de Lorraine.
Jean de la Haye.
Jean Cossé.
Nicolas de la Chambre.
Philibert de la Jaille.
Pierre de la Jumellière.
Ferry de Lorraine.
Watier de Nivenen.
Jean Cossé.
Romarin.
Gillet de Beaumont.
Claude d’A vallon.
Jean Cossé.
Antoine de Prie.
Le seigneur dn bec Crespin.
Jean de Tiersaut.
Geoffroi de Saint-Belin.
François de Tiersaut.
Saint-Belin courut encore.
Le comte de Dampmartin.
Le sire de Beauvau.
Merlin.
Philippe de Lénoncourt.
Le comte de Tonnère.
Ces deux icy finirent les jonslcs , personne ne s’étant présenté contre les Tenans.
Le gentil comte de Tonnère,
Humblement les dames requerre ,
Pour achever l’appointement de la très amoureuse guerre ,
Où Ton ne peut qu’amour acquierr Ny perdre seigneurie ny terre,
Fors un ruby ou diamant.
Ce jour fut l’accomplissement Du Pas, aussi l’achèvement.
Les vaincus à la jouste , tant du costé des Tenans comme de celuy des Àssaillans, estoient obligez de donner un diamant , un ruby ou un cheval , le plus souvent pour estre donné à leurs maistresses. Le poète anonyme dit qu’il y eut cinquante-quatre diamans et trente-six rubis donnés aux dames par les vaincus.
Car pour les deux principaux prix, ils furent délivrés selon l’ordonnance des juges, le dextrier très ex* cellent àFlorigny, e\un fermai lie t, ouboëte d’or couverte de riches diamans et de très beaux rubis, à Ferry de Lorraine.
Un fermaillet d’or tout marcis (massif), Semé de diamans et rubis ,
V allant mille francs de monnoye ;
Et certes si plus je disoye ,
Suis certain que n’en mentiroye*
Je le vis quant par là passoye.
Les joutes de Tarascon durèrent trois jours, pendant lesquels les chevaliers se signalèrent par de gracieux faits d’armes. Ferry de Lorraine et Louis de Beauvau , le ditteur de V Emprise , en remportèrent le prix, un bouquet, un annel et un baiser
Voicy la manière et la cérémonie, selon lesquelles lesdits prix furent délivrez aux deux vainqueurs par la belle damoiselle très richement parée , qui mena , comme nous avons dit , le rov René par une escharpe attachée à la bride de son cheval , et tons les autres chevaliers tenans.
Les bons juges eurent entente ,
Et respondirent de leur tente ;
Que avant qu'elle fust absente Ils donneroient leur jugement....
A part et tout secrètement Conclurent en leur parlement Que le rov d'armes publieroit L'arrest par leur commandemen t.
Le roy d'armes parle ainsi à la puce lie, après que les juges eurent consulté à qui les prix apparleiioieut:
« Haute et puissante damoiselle ,
» Digne d'honneur, noble pucelle , u Je scay bien que vous estes celle » Commise pour reguerdonner (récompenser).
» De ce que demandes nouvelle ,
» Qui le prix doibt avoir de telle » Honorée et riche querelle,
» Qu'on doibt de lauriers couronner ,
» Messeigneurs, sans droit destourner ,
» Ont sur ce voulu ordonner,
» Et vraye sentance donner » Selon leur droite opinion ,
- Sans tomber en division. »
Alors la nobie pucelle parla devant Je rov, la reine et tous les princes et princesses , seigneurs , chevaliers, dames et damoiselles , qui esloient assemblez à l'eutour, attendant en grand silence ce qu’elle diroit, et à qui elle adjugerait le prix.
« Pour ce que le roy m'a commis » A cet office , et soubmis u Les juges, lesquels ont promis » Sur ce juger en loyauté ;
» De par eux je déclare et dis ,
» Selon leur propos et advis » Donner du destrier le prix » A Florigny , qui a esté