‹ Œuvres choisies du roi RenéChapitre 56 sur 155 · PROVINCIAL DE L'ORDRE MINEUR DE SAINT-FRANÇOIS · texte numérisé non relu

PROVINCIAL DE L'ORDRE MINEUR DE SAINT-FRANÇOIS

Aa château de Baugé, le XXVIII mars MCCCCLVIII.

Notre très-cher et vénérable erére,

Ayant appris, durant ces derniers mois, que la royale chapelle Saint- Louis, fondée par les miens, dans notre ville de Marseille, étoit malheureusement, par la négligence des vôtres, menacée d’une totale ruine ; qu’elle étoit désertée par les bons religieux, et pillée par les méchants qui la fréquentoient; que le culte divin ne s’y célébroit plus; que ses revenus se consommoient en débauches et que tout y étoit profané , nous avons pensé qu’il falloit mettre un terme à tant de désordres et porter remède à tous ces maux; c’est pourquoi nous avons jugé convenable, pour présider à la garde et à l’administration de cette chapelle, de nommer notre cher et bienaimé conseiller et confesseur Bérenger Solsom , professeur de lettres sacrées, qui a déjà commencé cette œuvre d’une manière louable, et qui la poursuit avec activité , ainsi que nous l’apprennent les lettres du syndic et du conseil de la ville de Marseille, tandis que, vous autres, vous paroissez vous opposer à cette réforme; car non-seulement vous ne pouvez souffrir patiemment les heureux effets de son zèle , mais vous ne cessez même pas de vous y opposer; et lorsqu’il appelle à lui de bons religieux, vous lui êtes contraires, et, par d’indignes propos, vous l’exhortez à se désister de sa louable entreprise : aussi, ne serai-je pas peu surpris, lorsqu’après avoir déposé toutes les passions qui vous aveuglent, de voir votre esprit s’élever vers le service et les louanges de Dieu. C’est pourquoi nous vous

1 Cette lettre est écrite en latin.

prions et vous exhortons, avec instance , d’adopter la réforme que je vous propose et qui me paroît si utile à cette chapelle , et de ne pas différer , plus longtemps, à vous y soumettre; mais, mes frères, vous qui aimez la vertu et les louanges, de Dieu, placez-vous sous la direction de mon confesseur, que j’ai nommé ci-dessus; chassez les méchants du couvent, et faites qu’on lui accorde une pleine et entière obéissance; considérez-le comme le gardien du monastère; fuyez tout sujet de scandale, et lorsqu’il est question de culte divin, de la restauration de la chapelle, de notre conscience et de notre honneur, ne vous disputez pas sur les statuts de la religion qui ont été lésés; ce n’est pas ici le lieu de vous dire de vous y conformer. Vous connoissez maintenant toute ma pensée , vous me serez donc trèsagréable, si, comme nous vous l’avons mandé, vous vous y soumettez promptement et de bon cœur '.

René.

P. PlIIG.

1 Immédiatement après cette lettre , René en écrivit une autre au vénérable Bérenger Solsom, son confesseur, pour lui recommander de ne rien épargner pour la réparation de la chapelle en question. Cette lettre annonce que Jacques de Ramatzaet Jean Forbi , deux citoyens de Marseille, coopéraient à cette œuvre avec Bérenger Solsom. En marge de cette lettre , on voit des notes écrites de la main de César Nostradamus , l’historien de Provence.

Le [la René punc P HawKe del

(Encadrement du Triptyque).

LETTRE VH

Page 1