‹ Œuvres choisies du roi RenéChapitre 72 sur 155 · LES VICAIRE ET SYNDICS DE LA VILLE DE MARSEILLE · texte numérisé non relu

LES VICAIRE ET SYNDICS DE LA VILLE DE MARSEILLE

A notre ville d’Aix, le XII du mois de juin MCCCCLXX.

NOS TRÉS-CHBRS,

Mus par des motifs justes, nous venons vous entretenir d’un certain navire dont Raphaël Julia est le capitaine, et Pierre Rosch le patron; et d’un autre navire pris par le premier, qu’on nous dit être, avec son capteur, dans le port de notre ville de Malion, de l’île de Minorque ; et comme ils doivent être amenés à l’entrée du port de Marseille, au lieu vulgairement dit la Gorganta, sous la conduite de Mathieu Rouyo, nous voulons que ces deux bâtiments soient bien traités par tout le monde. C’est pourquoi nous disons et mandons, expressément et aussi absolument que nous le pouvons, que vous accueilliez bien et avec humanité et les navires et toutes les personnes qui s’y trouvent; que vous n’apportiez aucun obstacle aux équipages, ni aux biens qui leur appartiennent; que vous n’éleviez aucune difîiculté ni empêchement de quelque nature que ce soit, et que vous ne souffriez pas que d’autres se permettent de leur en susciter.

Nous espérons que, tant que vous compterez notre bienveillance pour quelque chose , vous ne ferez rien de contraire à nos vœux.

René.

P. PülG, secrétaire .

1 Cette lettre est écrite en latin.

LETTRE XXII Aü PAPE PAUL II.

A Aiz, le XVIII do mois d’août MCCCCLXX.

Très-Saint-Pêre ,

Nous n’aimons pas médiocrement notre noble honoré Flotte, recteur des études de l’université d’Aix et bachelier in utroque jure ; car il se fait remarquer par l’excellence de la science autant que par l’aménité de ses mœurs et de ses qualités personnelles, qui sont telles quelles méritent, et avec raison, d’être distinguées et chéries. Or il a résolu d’entrer dans le service de l’Église de Dieu; c’est ce qui me porte à lui être favorable. C’est par ces motifs que nous vous supplions, aussi humblement que nous le pouvons, de recevoir notre honoré Flotte comme un homme réellement distingué par son savoir et ses vertus, autant que par l’estime qui lui est due et l’intérêt que nous lui portons, sans préjudice, toutefois, de ceux pour lesquels nous vous avons précédemment supplié Que Dieu garde votre vénérable personne.

Votre humble fils,

René.

Par ordre du Roi * mon maûre, Pierre Puig.

1 Cette lettre est écrite en latin.

LETTRE XXin.

Aü PAPE PAUL II.

A, Tours, le V du mois de novembre MCCCCLXX.

Très-Saint-Père ,

Nous avons, déjà plusieurs fois, supplié Votre Sainteté, soit par lettres, soit par nos envoyés, de daigner élever à la dignité de cardinal notre révérend père en J.-C., l’archevêque d’Arles, notre conseiller, cousin, procurateur et orateur, pour qui nous avons une grande amitié; mais jusqu’à ce jour, Elle ne nous a point exaucé : nous apprenons cependant qu’Elle a promis d’accorder cet honneur à plusieurs personnages moins dignes, peut-être, que celui à qui je m’intéresse avec tant d’instance. Et cela, Saint-Père, à la prière de princes qui sont loin d’être mes amis : mais comme nous pensons qu’il importe grandement que vous prêtiez enfin l’oreille à nos sollicitations , non-seulement à cause de l’étendue des états de notre domination, mais encore à cause des besoins des églises dont ils sont embellis, nous ne pouvons nous abstenir de continuer nos humbles prières, jusques à ce que Votre Sainteté nous ait exaucé. Nous lui avons déjà fait connoître l’illustre origine et les éminentes vertus de l’archevêque d’Arles ; nous lui avons fait pressentir la vive affection qu’il nous avoit inspirée , ainsi que les obligations dont nous lui étions redevable, laissant à Votre Sainteté le soin de peser les hautes qualités de son esprit et de considérer combien il a déjà mérité de vos bontés, du collège des cardinaux et de l’Église de Dieu.

D’après ces considérations, nous suppÜons Votre Sainteté et la conjurons de nouveau, avec un soin extrême, et non d’une manière vulgaire, mais avec tant d’empressement et de persistance , qu’il nous soit impossible d’y mettre plus de zèle, de diligence et d’effusion de cœur, de daigner élever, à la première occasion favorable, notre digne archevêque au rang

suprême de cardinal , autant pour la tendresse que nous éprouvons pour lui, et qui ne s’éteindra jamais dans notre cœur, qu’à cause de son rare mérite et de ses hautes vertus , qui réclament en sa faveur cette glorieuse dignité. Que si Sa Sainteté, par sa bénignité naturelle ou pour l’amour de nous, nous accordoit cette pieuse faveur, elle nous attacheroit à elle par les liens d’une éternelle reconnoissance : le souvenir de ce bienfait ne sortiroit plus de notre mémoire. Cette dignité, d’ailleurs, seroit merveilleusement bien placée: les besoins de nos provinces seroient satisfaits, les églises et nos peuples, que soutient cette attente, auroient enfin obtenu ce défenseur et ce réfuge qui leur est si nécessaire , et pour tout dire , en un mot, Votre Sainteté, par cette grâce, auroit admirablement rempli le devoir pastoral.

Que votre vénérable personne soit à jamais sous la garde de Dieu.

Votre humble fils,

René.

Par mandement du Roi% mon maître , Pierre Puig.

Cette lettre, écrite en latin , se termine par une apostille , en français de l’époque , que nous reproduisons fidèlement, avec ses abréviations.

Père Saint e mo benoist Seigneur, je suplie Vostre Saincteté cy trèshumblement et de tout mon povoir, q’il plaise à Voustre Sainctie à cette fois por montrer l’amor q de vre grâce Voustre Santité m’a to2jo23 motrée et fet dire qu’aves à moy, e sur tous les services q je vous puis fere com de bon cuer y suis a cette et vul to2jours estre à voustre service, qu’il vous plese e cv le m’otroiez.

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