ACTE II, SCÈNE V. ng
JEAiN", avec joie.
Mieux que cela, û
JEAN, d'un air de triomphe
MARTHE, avec impatience
Enfin il est en sûreté?
Il a été arrêté.
Ciel!
JEAN
Ne vous effrayez pas! ca va bien, ça prend une bonne tournure.
ÉRIC, avec colèie.
T'expliqueras-tu ?
JEAN
Je traversais avec lui la rue de SIraIsund, quand nous rencon-
Irons deux soldats aux gardes qui nous examinent,., .nous sui vent,.. . puis s'adressant à votre père : Maître Burkenstaff, lui dit l'un d'eux en étant son chapeau , au nom de son excellence le comte Struensee, je vous invite à nous suivre; il désire vous parler.
T., , • Ér.ic.
Eh bien P
JEAN
Voyant un air si doux et si honnête, votre père répond : Messieurs , je suis prêt à vous accompagner. Et tout cela s'était passé SI tranquillement, que personne dans la rue ne s'en était aperçu; mais moi, pas si béte !... je me mets à crier de toutes mes forces : A moi! au secours ! on arrête mon maître. Raton Burkenstaff!.. à moi, les amis !
ÉRIC
Imprudent!
JEAN
Pas du tout; car j'avais aperçu un groupe douvriers qui se rendaient a l'ouvrage : ils accourent à ma voix; en les voyant courir, les femmes et les enfants font comme eux, on ne peut plus passer, les voitures s'arrêtent, les marchands sont sur les pas de leurs portes, et les bourgeois se mettent aux fenêtres. Pendant ce temps, les ouvriers avaient entouré les deux soldats aux gardes, dchvré votre père, et l'emmenaient en triomphe, suivi de la foule^ qui grossissait toujours; mais en passant rue d'Altona.où sont nos ateliers, ça a été un bien autre tapage ! Le bruit s'était déjà
répandu qu'on avait voulu assassiner notre bourgeois, qu'il y avait eu un combat acharné avec les troupes; toute la fabrique s'était soulevée et le quartier aussi, et ils marchent au palais en criant : Vive Buikenstafi! qu'on nous le rende!
ÉRIC
Quelle folie !
MARTHE
Et quel malheur !
ÉRIC
D'une affaire qui n'était rien, faire une affaire sérieuse, qui va compromettre mon père et justifier les mesures qu'on prenait contre lui,
JEAN
Mais du tout;... n'ayez donc pas peur,... il n'y a plus rien à craindre ! ça a gagné les autres quartiers. On casse déjà les réverbères et les croisées des hôtels :... ça va bien , c'est amusant. Ou ne fait de mal à personne; mais tous les gens de la cour que l'on rencontre, on leur jette de la boue à eux el à leur voiture! ça approprie les rues... Et tenez,... tenez;... entendez-vous ces cris? voyez-vous ce beau carrosse arrêté près de notre boutique et ([u'on essaye de renverser?
ÉRIC
Qu'ai je vu? les armes du comte de Falkenskield!.... Dieu! si c'était...
( Il s'élance dans la rue. )