‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 118 sur 535 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CHRISTINE, LE BARON de GŒLHER.

CHRISTINE

Eh mais , monsieur le baron ! qu'est-ce que cela signifie ? Qu'y a-t-il donc encore de nouveau ?

GOELHER.

Rien, mademoiselle.

CHRISTINE

Le comte de Slruensée vient de s'enfermer dans le cabinet de mon père; ils ont envoyé chercher M. de Rantzau. A quoi bon celte réunion extraordinaire ! Il y a déjà eu conseil ce matin , et tantôt ces messieurs doivent se trouver ici à diaer.

138 BERTRAÎnD et raton.

fiOELHER.

Je l'ignore... Mais il n'y a rien d'important, rien de sérieux ;... sans cela j'en aurais été prévenu! Ma nouvelle place de secrétaire du conseil m'oblige d'assister à toutes les délibérations.

CHRISTINE

Ah! vous êtes nommé ?

COEI.HER.

De ce matin !... sur la proposition de votre père ; et la reine a déjà confirmé ce choix. Je viens de la voir ainsi que toutes ces dames, encore un peu troubléesde l'algarade decesbonsboiir,£;eois... On craignait d'abord que cela ne dérangeât le bal de demain; grâce au ciel, il n'en est rien : il m'est même venu là-dessus quelques plaisanteries assez heureuses qui ont obtenu l'approbation de sa majesté, et elle a iïni par rire delà manière la |)!us aimable.

CHIllSTliNE.

Ah ! elle a ri !

COELHER.

Oui , mademoiselle , tout en me félicitant de ma nomination et de mon mariage... Et elle m'a dit à ce sujet des choses... (souriant avec fatiiiic) qui donneraient beaucoup à penser à ma vanité, si j'en avais... (à pari) car enfin Stryensée ne sera pas éternel... (Haut.) Mais je n'y pense plus... Me voilà lancé dans les affaires d'État, les affaires sérieuses, pour lesijuelles j'ai toujours eu du goût... Oui, mademoiselle, il ne faut pas croire, parce que vous me voyez léger et frivole , que je ne puisse pas aussi bien que fout autre... Mon Dieu ! on peut traiter tout cela en se jouant , en pla^ santant... Que j'arrive seulement au pouvoir, et l'on verra!

CURISTIXE.

Vous au pouvoir ! . . .

GOELHER.

Certainement, je puis vous le dire, à vous, en confidence, cela ne tardera peut être pas. Il faut que le Danemark se rajeunisse, c'est l'avis de la reine, de Strueusée, de votre père... Et si l'on peut éliminer ce vieux comte de Rantzau, qui n'est plus bon à rien , et que l'on garde parce que son ancienne réputation d'habileté impose encore aux cours étrangères,... j'ai la promesse formelle d'être nommé à sa place ; et vous sentez que M. de Falkenskield et moi,... le beau-père et le gendre , à la tête des affaires,... nous mènerons cela autrement... Ce matin, par exemple,

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