ACTE 111, SCÈNE I
je les voyais tous effrayés ; cela me faisait sourire : si l'on m'avait laissé faire, je vous réponds bien qu'en un instant...
CHRISTINE, écoulant.
GOELHER,
Taisez-vous !
Qu'est-ce donc .»
CHRISTINE
Il m'avait semblé eutendre dans le lointain des cris confus.
COELUEK.
Vous vous trompez.
C'est possible.
CHRISTINE
GOELHER.
Des gens du peuple qui se disputent... ou se battent dans la rue ; ne voulez-vous pas les priver de ce plaisir-là ? Ce serait cruel, ce serait tyrannique ; et nous avons à parler de choses bi'^n plus importantes, de notre mariage, dont je n'ai pas encore pu vous dire un mot , et du bal de demain , et de la corbeille , qui ne sera peut être pas achevée ;... car je ne vois que cela de terrible dans les émeules et les révoltes , c'est que les ouvriers nous font attendre, et que nen n'est prêt.
Ah ! vous n'y voyez que cela de fâcheux !... vous êtes bien bon... Moi qui ce matin me suis trouvée au milieu du tumulte...
GOELHER.
Est-il possible ?
CHRISTINE
Oui, monsieur; et sans le courage et la générosité de M. Éric Burkenstaff, qui m"a protégée et reconduite jusqu'ici...
COELIIF.K.
M. Éric!... Et de quoi se mèle-t-il? et depuis quand lui est-il permis de vous protéger?... Voilà à coup sur une prétention encore plus étrange que celle de monsieur son père.
JOSEPH, eiitiaiil ft restant au fond.
Une lettre pour monsieur le baron.
GOELHER.
De quelle part ?
JOSEPH
Je l'ignore,... celui qui l'a apportée est un jeune militaire, un oflicier, qui attend en bas la réponse.
CHRISTINE
C'est quelque rapport sur ce qui se passe.
GOELUER.
Probablement... (Lisant.) « Je porte une épaulette ; monsieur le « baron de Gœlher ne peut plus me refuser une satisfaction qu'il « me faut à Tiustaut. Quoique insulté , je lui laisse le choix des « armes et l'attends aux portes de ce palais avec des pistolets et
« une épée Éric Burkenstaff, lieutenant au 6* d'infanterie. «
(A part.) Quelle insolence !
CHRISTINE
Eh bien ! qu'y a-t-il ?
GOELHER .
Ce n'est rien. (Au domesiique.) Laissez-nous... Dites que plus tard,... je verrai... (A pari.) Encore une leçon à donner.
CHRISTINE
Vous voulez me le cacher,... il y a quelque chose,... il y a du danger... J'en suis sure à votre trouble.
GOELHER.
Moi , troublé !
CHRISTINE
Eh bien ! montrez-moi ce billet , et je vous croirai.
GOELHER.
Impossible, vous dis je!
CHRISTINE, se retournaut et apercevant Koller.
Le colonel Koller ! il sera moins discret , je l'espère ; et je saurai par lui...