‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 123 sur 535 · KOU.ER · texte numérisé non relu

KOU.ER

Il fera comme ce matin.

RANTZAU, sasseyanl.

Oh, mon Dieu, oui!

COF.LHER, se rassurant,

N'est-il pas vrai?... Il brisera les vilres, et voilà tout,

KOLLF.R.

C'est ce qu'ils ont déjà fait à tous les hôtels des ministres, (à Ccrlhcr) ainsi qu'au vôtre, monsieur.

GOEUIER.

Eh bien! par exemple!

n\xTZAi;.

Quant au mien, je suis tranquille; je les en défie bien.

COEI.HER,

Et pourquoi cela?

R.VNTZAU.

Parce que, depuis la dernière émeute, je n'ai pas fait remettre un seul carreau aux fenêtres de mon liôlel. Je me suis dit : Ça servira pour la première fois.

CHRISTINE , écoutant près de h fenêtre.

Cela se calme, cela s'apaise un peu.

GOEtnER.

.Ven étais sûr! Il ne faut pas s'effrayer de toutes ces clameurslà. Et qu'en dit mon oncle le ministre de la marine?

RANTZAl', froidement.

Nous ne l'avons pas vu. (Avec ironie.) Sou indisposition, qui n'était que légère, a pris depuis les derniers troubles un caractère assez grave. C'est comme une fatalité; dès qu'd y a émeute, il est au lit, il est malade!

GOEUIER, avec intenlion.

Et VOUS, vous vous portez bien?

ItANTZ^l.", souri.inl.

C'est peut-être ce qui vous fâche. Il y a des gens que ma santé met de m.aivaise humeur et qui voudraient me voir à l'extrémité.

GOELHF.R.

Eh ! qui donc ?

RANTZAIJ , toujours assis et d'un air gojjiicnard.

Eh mais! par exemple, ceux qui espèrent hériter de moi.

GOELHER,

11 y en a qui pourraient hériter de votre vivant.

RANTZAU , le regardant froidemeot.

Monsieur de Gœlher, vous qui, en qualité de conseiller, avez fait votre droit, avez-vous lu l'article 302 du Code danois?

GOELHER.

Non, monsieur.

RANTZAU, de même.

Je m'en doutais. Il dit qu'il ne suffit pas qu'une succession soit ouverte, il faut encore être apte à succéder.

GOELHER.

Et à qui s'adresse cet axiome ?

RANTZAli, de racrae.

A ceux qui manquent d'aptitude.

COELnER.

Monsieur, vous le prenez bien haut !

RANTZAli, se levant et sans changer de ton. Pardon!... Allez-vous demain au bal de la reine? GOELHER , avec colère.

Monsieur I

RANTZAU

Dansez-vous avec elle?... Les quadrilles sont-ils de votre composition ?

GOELHER.

Je saurai ce que signifie ce persiflage.

RANTZAU

Vous m'accusiez de le prendre trop haut !... Je descends ; je me mets à votre portée.

GOELHER.

C'en est trop !

CHRISTINE, près de la croisée.

Taisez-vous donc! je crois que cela recommence.

GOELHER , avec effroi et remontant le théâtre.

Encore! Est-ce que cela n'en finira pas?... c'est insupportable!

CHRISTINE

Ah, mon Dieu! tout est perdu!... Ah! mon père!...

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