‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 142 sur 535 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

L\ REINE

Il n'est plus question de cela. Vous savez ce qui arrive ?

n\TO\.

Eh non ! vraiment ! je ne suis pas sorti de chez moi; par un hasard que nous ne pouvons comprendre , j'étais sous clef.

MAKTHE.

Et il y serait encore sans un avis secret que j'ai reçu.

LA EEINE , vivement.

N'importe... Je vous ai fait venir, Burkenstaff, parce que j'ai besoin de vos conseils et de votre appui...

RATON

Est-il possible! (A. Marthe.) Tu l'entends.

LA REINE

C'est le moment d'employer votre influence, de vous montrer enfin.

• RATON

Vous croyez?

MARTHE

Et moi , n'en déplaise à votre majesté , je crois que c'est le moment de rester tranquille ; il n'a déjà été que trop question de lui.

RATON, à voix iiaulc.

Te tairaS-tuP (La reine lui fait signe de se modérer, et va regarder au fond si on ne peut les entendre. Pendant ce temps Raton continue à demivoix en s'adressant à sa femme.) Vouloir nuire à mou avancement, à ma fortune !

MARTHE , à demi-voix à son mari.

Une jolie fortune! nos meubles brisés, nos marchandises au pillage , six heures de prison dans une cave !

RATON , liors de lui.

Ma femme ! j'en demande pardon à votre majesté. (A part.) Si j'avais su , je me serais bien gardé de l'amener. ( Haut. ) Qu'exigez-vous de moi.^

LA REINE

Que vous unissiez vos efforts aux miens pour sauver notre pays qu'on opprime et le rendre à la liberté !

RATON

Dieu merci! on me connaît; il n'y a rien que je ne fasse pour le pays et pour la liberté.

MARTHE

Et pour être nommé bourgmestre; car c'est là ce que tu désires maintenant.

RATON

Ce que je désire , c'est que vous vous taisiez , ou sinon...

LA REINE , à Raton, pour le modérer.

Silence...

RATON , à demî-voix.

Parlez , madame ; parlez vite !

LA REINE

KoUer, un des nôtres , vous avait instruit de nos projets d'hier ?

RATON

Du tout.

LA REINE

Ce n'est pas possible ! et cela m'étonne à un point...

RATON , avec impatience.

Moi aussi;... car enlin , et puisque M. Koller est un des nôtres, il me semble que j'étais le premier avec qui l'on devait s'entendre.

LA REINE

Surtout depuis l'arrestation de votre fils.

MARTHE , poussant un cri.

Arrêté ! dites- vous? mou fils est arrêté !

RATON

On a osé arrêter mon fils !

LA REINE

Quoi! ne le savez-vous pas?... accusé de conspiration , il y va de ses jours , et voilà pourquoi je vous ai fait venir.

MARTHE, courant à elle.

C'est bien différent! et si j'avais su... Pardon, madame,... pardonnez-moi... (l'ieurant.) Mon flls,mon pauvre enfant ! (A Raton, avec chaleur. ) La reine a raison , il faut le sauver, il faut le délivrer.

Certainement ; il faut soulever le quartier, soulever la ville entière.

MARTHE, qui a remonté le théâtre de quelques pas, revient près de lui.

Et vous restez là tranquille ; vous n'êtes pas déjà au milieu de nos amis, de nos voisins, de nos ouvriers, pour les appeler comme hier à la révolte !

LA REINE

C'est tout ce que je vous demande.

RATON

J'entends bien; mais encore faut-il délibérer.

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