ACTE IV, SCÈNE II. 1G
MARTHE
Il faut agir!... il faut prendre les armes,.-, courir au palais... Qu'on me rende mon Mis, qu'on nous le rende! (Suivant son mari, qui
recule de quelques pas vers la droite.) VouS n'êtes pas Un homme si
vous supportez un pareil affront, si vous et les citoyens de cette ville souffrez qu'on enlève un fils à sa mère, qu'on le plonge sans raison dans un cachot, qu'on fasse tomber sa tête; il y va du salut de tous ; il y va de l'honneur du pays et de sa liberté !
RATON
La liberté;... t'y voilà aussi!
MARTHE, bors d'elle-même et sanglotant.
Eh oui ! sans doute ! la liberté de mon fils , peu m'importe le reste ; je ne vois que celle-là , mais nous l'obtiendrons.
LA REINE
Elle est entre vos mains; je vous seconderai de tout mon pouvoir, moi et les amis attachés à ma cause ; mais agissez !... agissez de votre côté pour renverser Struensée.
MARTHE
Oui, madame, et pour sauver mon fils; comptez sur notre dévouement.
LA REINE
Tenez-moi au courant de ce que vous ferez, et des progrès de la sédition. ( Montrant la porte à gauche. ) Et tenez, tenez, par cet escalier secret qui donne sur les jardins, vous pouvez, vous et vos amis, communiquer avec moi et recevoir mes ordres... On vient, partez.
RATON
C'est très-bien;... mais encore, si vous me disiez ce qu'il faut...
MARTHE, l'entraînant.
Il faut me suivre,... mon fils nous attend... Viens,... viens vite, (A la reine.) Soyez tranquille, madame, je vous réponds de lui et de la révolte !
( Elle sort en entraînaDt son mari par la petite porte à gauche. Au même instant, et parla porte du fond, parait l'huissier.)
LA REINE
Qu'y a-t-il.' que me voulez-vous?
l'huissier.
Deux ministres qui, au nom du conseil, sont chargés, disent-ils, d'une communication importante pour voire majesté!
L\ REINE , à part.
0 ciel ! qu'est-ce que cela signilie? (Haut.) Qu'ils entrent, je suis prête à les recevoir.
( Elle s'assied. )