‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 160 sur 535 · ACTE IV, SCENE Xir · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE Xir

KOLI.ER , de niêrae.

Oui.

RAMZAU , de même.

Aucune autre considération?

KOLLtR , de mOmc,

Aucune.

RANTZAU, froidement.

Eh bien , alors ! rassurez-vous;... de toute manière cela no peut pas vous manquer.

KOLLER

Que voulez-vous dire?

Que si demain Struensée est encore au pouvoir , il vous fera arrêter et condamner dans les vingt-quatre heures.

KOLLF.R.

Et sous quel prétexte? pour quel crime?

R:\NTZAl' , lui montraDt dos lettres qu'il remet sur-le-champ dans sa poche.

En faut-il d'autre que ces lettres écrites par vous à la reinemère ; ces lettres (jui contiennent la conception première du complot qui doit éclater aujourd'hui, et où Struensée verra qu'hier même eu le servant vous le trahissiez encore ?

KOLI.ER.

Monsieur, vous voulez me perdre !

RAMZAC.

Du tout ; il ne tient qu'à vous que ces preuves de votre trahison deviennent des preuves de fidélité.

KOLLER

Et comment?

RVNTZAf.

En obéissant à votre souverain.

KOLLER, avec fureur.

Mais vous êtes donc pour le roi ? vous agissez donc eu son nom ? RANTZAU , avec fierté.

Je n'ai pas de compte à vous rendre ; je ne suis pas en votre puissance , et vous êtes dans la mienne ; quand je vous ai entendu hier, devant le conseil assemblé , dénoncer des malheureux dont vous étiez le complice , je n'ai rien dit , je ne vous ai pas démasqué, je vous ai protégé de mon silence : cela me convenait alors, cela ne me convient plus aujourd'hui ; et puisque vous m'avez demandé conseil , je vais vous en donner un. ( D'uu air iirpéraiif et à

SCRIBC. — T. V. 10

1H> HERtllA.ND ET RATON.

<l.Mt)i-voix. ) C'est celui d'exécuter les ordres de voire roi , d'arrêter cette nuit , au milieu du bal qui se prépare, Mathilde et Struensée, ou sinon...

KOLLER, dans le plus grand trouble.

Eh bien! dites-moi seulement que cette cause est désormais la vôlre , que vous êtes un des chefs , et j'accepte.

RAiNTZXU.

C'est vous seul que cela regarde. Ce soir la punition de Struensée, ou demain la vôtre. Demain vous serez général... ou fusillé :... choisissez.

( Il fait un pas pour sortir. ) ROLLER , l'arrêtant.

Monsieur le comte !...

RANTZAU

Eh bien! que décidez-vous, colonel ?

KOLLER

J'obéirai !

RANTZAU

C'est bien ! ( Avec intention. ) Adieu,... général !

( 11 sort par la porte à gauche, etKollerpar le fond.)

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