C.OI^LUF.R
Est-ce que je sais? c'est un désordre, une confusion. J'ai beau demander comme vous : Qu'y a-l-il? comment cela se fait-il? tout le monde m'interroge , et personne ne me répond.
FALKENSKIELD.
Mais vous étiez là cependant,... vous étiez au palais...
GOELIIER.
Certainement, j'y étais; j'ai ouvert le bal avec la reine; et quelque temps après le départ de sa majesté, je dansais le nouveau menuet de la cour avec mademoiselle de Thornslon , lorsque tout à coup, parmi les gi-oupes occupés à nous admirer, je remarque une distraction qui n'était pas naturelle ; on ne nous regardait plus ; on causait à voix basse , un murmure sourd et prolongé circulait dans les salons... Qu'y a-t-il donc? Qu'est-ce que c'est? Je le demande à ma danseuse , qui ne le sait pas plus que moi, et j'apprends , par un volet de pied tout pâle et tout effrayé, que la reine Mathilde vieut d'être arrêtée dans sa chambre à coucher par l'ordre du roi.
FAUvENSKIFin.
L'ordre du roi :... Et Slrucnsée?
lOi BERTRAND ET RATON.
COELHER.
Arrêté aussi , comme il rentrait du bal.
FALKEiNSKlFXD, avcc impatience.
Et Koiler, morbleu! Koller, qui avait la garde du palais, qui y commandait seuil"
COELHER.
Voilà le plus étonnant et ce qui me fait croire que ce n'est pas vrai. On ajoutait que cette double arrestation avait été exécutée , par qui ? par Koller lui-même , porteur d'un ordre du roi.
FALKENSKIFXD.
Lui , nous trahir ! ce n'est pas possible !
COELHER, à RanUau.
C'est ce que j'ai dit, ce n'est pas possible; mais en attendant on le dit, on le répète; la garde du palais crie : Vive le roi! le peuple , appelé aux armes par Raton Burkenstaff et ses amis , crie encore plus haut; les autres troupes, qui avaient d'abord résisté , font maintenant cause commune avec eux; enfin je n'ai pu rentrer à mon holel, devant lequel j'ai aperçu un attroupement; et j'arrive chez vous , non sans danger, encore tout en émoi et en costume de bal.
RANTZAC.
C'est moins dangereux dans ce moment qu'en costume de ministre.
COELHER.
Je n'ai pas eu le temps depuis hier de commander le mien»
RANTZAF.
Vous pouvez vous épargner ce soin. Que vous disais-je hier? Il n'y a pas vingt-quatre heures, et vous n'êtes plus ministre.
COELHER.
Monsieur !
RANTZAU
Vous l'aurez été pour danser une contredanse , et après les travaux d'un pareil ministère , vous devez avoir besoin de repos ; je vous l'offre chez moi , (vivement) ainsi qu'à tous les vôtres, seul asile où vous soyez maintenant en sûreté , et vous n'avez pas de temps à perdre. Entendez-vous les cris de ces furieux? Venez, mademoiselle, venez ;... suivez-moi tous, et partons.
(Dans ce moment les deux croisées du fond s'ouvrent violemment. Jean et plusieurs matelots ou gens du peuple paraissent sui- le balcon armés de carabines.)