ACTE II, SCENE IV
MADAME DOUBEYAL.
Qu'est-ce donc?
DORBEVAL, de rafime.
Celte amie d'enfance qui depuis trois ans était en pays étranger, en Russie , peut-être?
MADAME DE BRIENNE
Précisément.
DORBEVAL.
Et son mari, monsieur de Brienne, un ancien militaire ?
Je l'ai perdu, monsieur.
DORBEVAL.
0 ciel ! vous êtes veuve ! ( A part. ) Il ne manquait plus que cela !
MADAME DE BRIENNE
Je suis bien sensible, monsieur, à l'intérêt que vous daignez prendre...
MADAME DORBEVAL.
D'autant que nous aurons besoin de vos avis; car la mort de monsieur de Brienne la laisse dans une situation...
MADAME DE BRIENNE, lui imposant silflice.
Élise !
DORBEVAL , avec froideur.
Oui, sans doute,... nous verrons,... nous en causerons... Moi, j'ai fort peu de protection , je n'aime pas à demander ; je ne dis pas cependant que si l'occasion se présente... Voici une nouvelle loi, une loi d'indemnités, qui, peut être, vous concerne, ou, du moins, monsieur de Brienne : c'est h vous de voir cela...
MADAME DE BRIENNE
Non, monsieur; mon mari élait le dernier enfant d'une famille nombreuse; et comme il n'avait rien avant la révolution , comme il n'y arien perdu, il n'a rien à réclamer.
DORBEVAL.
Qu'importe ? on réclame toujours ; cela ne coûte rien de se plaindre, et quelquefois ça rapporte..! Mais pardon, belle dame, je vous demanderai la permission de vous quitter : des affaires importantes... 11 est si difficile d'être aimable quand on a des occupations!
MADAME DE BRIENNE
Et monsieur, je le vois, est toujours si occupé ! C'est nous qui vous laissons.
( Elles sortent par la porte à droite. )