AGATHE, CÉSARINE, EDMOND, ZOÉ, BERNARDET
(Césarine s'assied au milieu du théâtre, devant un métier à tapisserie; Agathe est assise à gauche , et brode; Zoé, près de la table à droite, fait du filet; Bcrnardet, debout, le dos à la cbeminée. Edmond salue les deux dames.) EDMOND, à Césarine, d'un air froid.
C'est bien indiscret , sans doute , de me présenter ainsi chez vous , madame. La nouvelle que je viens d'apprendre me servira d'excuse. Est-il vrai que M. de Mir emont soit aussi mal qu'on le dit ?
CÉSARINE
Mais il n'est pas bien ; voici monsieur Bernardet qui le soigne. . .
EDMOND, saluant à peine Bernardet, et se tournant du côté de Zoé.
Elle me fait trembler !
Et nous ne sommes pas sans espérances pour une santé qui ainsi que nous vous intéresse...
EDMOND
Plus que je ne peux vous dire , madame. M. de Miremont fut l'ami de mon père, il fut le mien ; et s'il a cessé de l'être, il ne m'est pas venu un seul instant l'idée de l'en accuser.
CÉSARINE
Et qui donc , monsieur, en accuseriez- vous ?
EDMOND
Ne me le demandez pas , madame, car je suis la franchise même, et je vous le dirais.
CÉSARINE , souriant.
Peut-être vous tromperiez-vous ?
EDMOND, avec colère.
Eh , madame !