ACTE V, SCÈNE V. 3y
EDMOND , vivement.
Vous avez raison ; je ne souffrirai pas que pour moi vous vous exposiez à vous rendre plus malade.
BERNARDET
Laissez donc!...
M. DE MIRE5I0.NT
Vous m'avez expressément défendu de sortir , et je crois , docteur , que vous avez bien fait ; car je me sens là des chaleurs et des brùlements affreux.
EDMOND
Vous l'entendez !...
BERNARDET, à derai-voix, à Edmoud.
Soyez tranquille ; dans un instant, il sera guéri. (A part. ) Maintenant que la loi est passée , il n'y a pas de danger. (Il passe près
de M. de Mireraont. — Haut, à M. de Miremont.) VoyonS le pOUls... (Il prend le bras de M. de Mireraont, et cause tout en lui tàtant le pouls.)
Le ministre m'a demandé de vos nouvelles.
M. DE MIREMONT
Ah!
BERNARDET
Je lui ai dit que je vous conseillais le repos, l'air de la campagne. (Lui tenant toujours le pouls.) Ne bougez pas... Et il m'a répondu : « Grâce au ciel , il aura le temps , car voilà notre procès politique remis à trois mois, à la prochaine session. »
M. DE MIREMONT
Comment?
BKRNARDET , de même.
Le pouls est bon !
M. DE MIREMONT, avec joie.
Le procès est remis.'
RERNARDET.
C'est officiel,... on vous le dira.
EDMOND
Oui, monsieur.
M. DE MIREMONT
Et que me disait donc ma femme ?
BERNARDET , froidement.
Eile se sera trompée... (Tenant toujours le pouls,) Pas de fréquence, pas d'agitation , pas de chaleur ; vous devez aller mieux.
M. DE MIREMONT , Lésitant.
C'est vrai; je ne dis pas non.
BERNARDET
Le pouls marche à merveille; la fièvre a disparu , vous pouvez sortir.
M. DE MIREMONT
Vous croyez?
BERNARDET
J'en réponds.
M. DE MIREMOM.
Alors , vite, mes chevaux!
BERNARDET , bas, à Edmond,
Qu'est-ce que je vous disais !
EDMOND', stupéfait.
Je n'en reviens pas !
M. DE MIREMONT , au domestique.
Mes chevaux à l'instant !
BERNARDET
C'est inutile ; les moments sont précieux , ma voiture est en bas , prenez-la.
EDMOND
Quoi! vous voulez...?
Certainement! Est-ce qu'on se gène, entre amis? (Au domestique.) Le chapeau de votre maître, sa douillette, ses gants ; allons, dépêchons !
EDMOND, à Bernardel.
Ah ! mon cher ami, que ne vous devrai-je pas?
BERNARDET, riant.
Une place de député.
EDMOND
l'ius encore!... le bonheur de ma vie entière. Vous serez à mon mariage , vouï serez mon témoin , je le veux.
BERNARDET , étonné.
Gomment ?
EDMOND
Eh oui ! mademoiselle Agathe , que j'épouse ; sou père y consent ; c'est sa belle-mère qui a parlé pour vao'i , qui m'a protégé.
RERNARDET.
Madame de Miremont 1...
EDMOND
Tout est convenu... si je suis nommé. ^