‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 475 sur 535 · SCÈNE VllI · texte numérisé non relu

SCÈNE VllI

ABIGAIL , MASHAM, BOLIXGBROKE.

BOLINCBROKE, l'apercevant.

C'est fait de nous!... Malheureux ! qui vous ramène?... pourquoi revenir sur vos pas?

MAStlAM , tranquillement.

Je ne suis jamais parti.

ABIGAÏL

Hier, cependant, vous m'avez fait vos adieux.

MASHAM.

Je n'étais pas sorti de Londres, que j'ai entendu galoper sur mes traces;... c'était un officier qui me poursuivait, et qui, mieux ■ monté que moi, m'eût bientôt rattrapé. J'eus un instant l'idée de me défendre;... mais déjà je venais de blesser un homme,... et on tuer un second qui ne m'avait rien fait,... vous comprenez... Je m'arrêtai et lui dis ( portant la main à son rpce.) : « Mon officier, je suis à vos ordres, — Mes ordres ! nie dit-il, les voici; » et il me remit un paquet que j'ouvris en tremblant.

ABICAÏL.

Eh bien !

MASIIAM.

Eh bien !... c'est à confondre!... c'était ma nomination d'officier dans les gardes.

BOLINGBRORE.

Est-il possible ?

ABICAÏL.

Une pareille récompense !...

MASHAM.

Après ce que je venais de faire. « Demain matin, continue mon jeune officier, vous remercierez la reine; mais aujourd'hui nous avons un repas de corps,... tous nos camarades du régiment; je me charge de vous présenter,... venez;... je vous emmène !... » Que répondre?... Je ne pouvais pas prendre la fuite;... c'était donner des soupçons, me trahir,... m'avouer coupable...

ABICAÏL.

Et vous l'avez suivi?...

MASIIAM.

A ce repas, qui a duré une partie de la nuit.

Malheureux!...

MASUAM.

Et pourquoi cela ;■

liOLlNGBROKE.

Nous n'avons pas le tenaps de vous l'expliquer ; qu'il vous suffise de savoir,... que l'homme qui vous avait raillé et insulté était Richard Boiingbroke , mon parent.

MASIIAM.

Que dites-vous.^

EOLINGBROIvE.

Que votre premier coup d'épée m'a valu soixante mille livres sterling de revenu; je désire que le second vous en rapporte autant... Mais en attendant, c'est moi que l'on a chargé de vous arrêter.

MASIIAM , lui préscnlant son épée.

Je suis à vos ordres.

BOLINGBROKË.

Eh non !... je n'ai pas de brevet d'officier h vous offrir,... ni do Tepas de corps...

ABIGAÏL

Heureusement,... car il vous suivrait.

BOLINGBRORE.

Tout ce que je vous demande , c'est de ne pas vous trahir vousmême... Moi, d'abord, je vous chercherai très-peu, et si je vous trouve , ce sera votre faute et non la mienne.

ABIG\ÏL.

Jusqu'ici , grâce au ciel , on n'a encore aucun soupçon , aucun indice.

BOLINGBnOKE.

Évitez d'en faire naître -, restez tranquille , restez chez vous , ne vous montrez pas.

MASHAM.

Ce matin il faut que j'aille chez la reine.

BOUNGBROKE.

Tant pis !

MASIIAM.

Déplus,... voici une lettre qui m'ordonne justement tout le contraire de ce que vous me recommandez.

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