‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 61 sur 535 · LES PRÉCÉDENTS } OLIVIER · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENTS } OLIVIER

OLIVIER

Eh, mon Dieu ! qu'avez-vous donc ? quels éclats de rire ! on vous entend du salon.

DORBEVAL, continuant de lire.

C'est ce Poligni qui est d'une folie, d'une gaieté !

OLIVrER.

Quoi ! même avant le mariage ?

DORBEVAL.

Et quand veux-tu donc que l'on rie , si ce n'est dans ce moment-là ? On jouit de son reste.

POLIGNI, cherchant à s'échauffer.

Oui, vraiment, je suis si heureux aujourd'hui! de bons amis, une femme charmante, un diner... un diner de ministre!... car tu y élais , Olivier ; mais tu n'as pas fait honneur comme nous au Champagne qu'il nous a prodigué. Ce cher Dorbeval , cet excellent ami ! je serais bien ingrat si je ne l'aimais pas !

DORBEVAL.

Et moi donc !... Mais un bon diner ne doit jamais nuire aux affaires; au contraire, et je vais penser aux nôtres. Olivier, est-ce que tu ne prends pas de café ?

OLIVIER

Non.

DORBEVAL.

Et loi ,'Poligni ? Cela fait bien , cela dissipe les fumées. POLICM , vivement.

Non , non , Dieu m'en garde ! je suis si bien ainsi !

DORUEVAL.

Alors, je vais prendre le mien. (A Poligui.) Tu sais que daus une demi-heure je t'attendrai là dans mon cabinet. ( 11 soi t. )

rOLlONJ.

Oui , mou ami , oui , je n'y manquerai pas. SCÈNE III.

OLIVIER, POLIGKI.

OLIVIER

Ton mariage a donc toujours lieu ?

POLIGNI , affectant une grande gaieté.

Oui , mon ami , oui, sans doute ; pourquoi me fais-tu cette question ?

OLIVIER

Oh ! pour rien. ( A part. ) Allons, madame de Brienne ne lui a pas encore parlé ; mais c'est elle que cela regarde.

POLlGNI, de mêrae.

Et si lu faisais bien , lu suivrais mon exemple, tu ferais comme moi un bon mariage , un mariage d'inclination ; juge donc quelle brillante perspective! une grande fortune qui, chaque jour, peut s'augmenter encore ; de la considération , du crédit , le bonheur de recevoir mes amis, car vous viendrez tous ! Quelle ivresse! quelle suite de plaisirs ! Nous n'aurons pas le temps de réfléchir, et déjà, d'avance , je ne puis te dire à quel point je suis heureux !

C'est singulier, celau'ena pas l'air ; le bonheur a un aspect plus tranquille. Mais cet amour pour llermance t'est donc venu bien subitement ?

POLIGSI.

Non , mon ami ; je l'aimais et depuis longtemps , mais sans oser l'avouer à personne , parce que la disproportion de nos fortunes... Mais du reste une jeune personne charmante , qui joint aux traits les plus séduisants le caractère le plus heureux !

OLIVIER

Le caractère ! le caractère ! Il y a quelque temps, cependant, tu me parlais de sa légèreté , de sa coquetterie.

POLIGM.

Sa coquetterie! Eh mais! pas tant j je ne vois pas cela. Je te

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