‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 62 sur 535 · ACTE V, SCKNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCKNE III

jure, mou ami , quo lu l'abuses sur son compte , ou que tu as des préventions contre elle.

OLIVIER

M'en préserve le ciel ! Moi , ce que j'en dis, c'est pour loi; et quand les avis, les conseils d'un ami peuvent nous éclairer...

POLICNI.

Des avis , des conseils ! Je n'en veux pas , je ne veux rien écouler. Si quelque illusion , si quelque erreur m'abuse, qu'on se garde de la dissiper, qu'on me la laisse tout entière, je m'y plais, je veux y rester.

OLIVIER

Mais si l'on te prouvait à toi-même que ce mariage ne le convient pas.

POLICNI , hors de lui.

Ce mariage ! rien ne peut le rompre ; il faut qu'il ait lieu. Saistu que maintenant c'est mon seul espoir ? sais-tu que s'il venait à manquer, ce serait fait de moi, de mon honneur, de ma vie, et que je n'aurais plus qu'à me brûler la cervelle ?

OLIVIEU.

Y penses-tu ? C'est du délire, de la passion ; tu l'aimes donc avec excès ?

POLIGM, avec 1111 sourire amer.

L'aimer !... moi, l'aimer ! Crois-tu donc que la fatalité qui me poursuit m'ait ôté le sens, le jugement ; ait assez fasciné mes yeux pour me cacher la nullité de son esprit, la sécheresse de son cœur, la vanité, seul mobile de ses actions ? Crois-lu que , tout à l'heure encore , je ne l'aie pas vue , dans le salon , entourée d'une foule de jeunes fats, dont son sourire sollicitait les hommages?

OLIVIER

Et tu l'as souffert ?

polii;m.

Et que m'importe à moi ?

olivier.

Qu'entends-je ?

poligni.

J'en ai trop dit pour te rien cacher. Aussi bien, je suis trop malheureux, et j'ai besoin d'un ami à (jui confier mes peines. Oui, sans ce mariage , je suis perdu , déshonoré , obligé de fuir ; à toimême, je l'enlève le fruit de les travaux !

OLIVIER

Qu'importe ! sois heureux.

l'OLIGM.

Je ne le puis ; je dois six cent mille francs !

OLIVIER

Grand Dieu !

POLIGNI.

Et je ne te parle pas de mes inquiétudes, de mes craintes, de mes tourments ; voilà ce qui m'en coûte pour être agent de change.

OLIVIER

Où en était la nécessité ? toi qui avais une fortune honorable et indépendante , huit mille livres de rentes ? qui te forçait à les compromettre ?

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