‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 63 sur 535 · POLIONI · texte numérisé non relu

POLIONI

Qui m'y forçait ? L'ambition , la vanité , le désir des richesses , le désir de briller.

OLIVIER

Eh bien ! tu es encore maître de ton sort , il ne dépend que de toi ; plus d'égards , de vains ménagements , il faut tout rompre.

POLIGNI.

Rompre ! Y penses-tu ? et dans quel moment ? Quand toute une famille est réunie pour signer ce contrat, quand il y a dans ce salon plus de deux cents personnes qui seraient témoins d'un pareil éclat! Et de quel droit déshonorer une jeune Fille qui n'a d'autres torts envers moi que de me sauver moi-même du déshonneur, de faire ma fortune, et à qui je ne peux pas même reprocher ses défauts , car je les connais , je les accepte ; c'est à moi au contraire à la protéger, à la défendre ; j'y suis engagé d'honneur, je suis lié par ses bienfaits. (A voix basse.) Car déjà j'ai reçu sa dot; elle est là, j'en ai disposé d'avance, je l'ai presque employée. Je sais comme toi que j'y puis renoncer encore , je sais même qu'en vendant tout ce que je possède , je retrouve ma liberté au prix de l'indigence; mais te l'avouerais je cntin ? cette fortune dont j'ai déjà fait l'essai , cette fortune qu'on ne goûte pas impunément , est devenue pour moi le premier des biens. Plutôt mourir que de déchoir à tous les yeux? Et je sacrifierai à cette idée mon avenir, mon amour, madame de Brienne , et moi-même s'il le faut.

OLIVIER

0 ciel ! madame de Brienne ! tu l'aimerais encore ! •

POLIGNI.

Plus que jamais !

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