SCÈNE VI
LES PRÉCÉDENTS ; POLIGNI , sortant du cabinet à droite. POLIGM , à madame de Brienne, qui veut s'éloigner.'
Ah, madame! ne me fuyez pas; que je puisse au moins vous voir... pour la dernière fois !
JL\DAME DE BRIENNE
Je le voulais,., je ne le puis... Mais cette lettre vous était destinée, je vous la laisse. (Elle lui donne la lettre.)
POLIGNI.
Un instant encore; d'après ce que je viens d'entendre, j'y dois une réponse.
MADAME DE BRIENNE
Eh bien , monsieur , lisez.
OLÎVIEn.
Ah ! tout est fini pour moi.
roUGNI, lisant.
« Je sais que vous m'aimez encore; je sais les motifs qui vous « forcent à épouser Ilermance. » ( A Olivier. ) Ah ! tu m'as trahi !
OLIVIER
Oui , pour ton bonheur !
l'OLir.Xt , continuant, n Ce mariage vous rendrait à jamais malheureux, et je dois «l'empêcher, non pour moi, car l'amour est éteint dans mon n cœur, je vous le jure, et vous savez si l'on doit croire mes ser- <i ments; mais mon amitié, qui vous reste, s'effraye de voire ave- « nir, et je sais un moyen de sauver votre réputation sans com- « promettre votre bonheur : je suis riche, j'ai huit cent mille «francs, disposez-en. Olivier m'aimera bien sans cela, et vous " pouvez les accepter sans rougir de la femme de votre ami. »
OI.IVIKR , poussant un cri, et se jetant aux picJs de madame de lirienne.
Ah! que viens-je d'entendre!
MAnAME DEBRIENNE.
Olivier , levez-vous,
POLIGM, se cachant la tête dans ses mains.
Ah , malheureux !
MADAME DE BRIENNE , à Polif;ni.
Eh bien ! vous ne répondez pas? Qui vous empêche d'accepter ?
l'OLIf.M,
Je vous remetcie de votre amitié, de vos offres généreuses, qui désormais me sont inutiles. Mon sort est fixé, et je ne pourrais maintenant , sans me perdre aux yeux du monde, sans manquer à l'honneur , rompre des engagements qui du reste comblent tous mes voeux.