ACTE I, SCÈNt; VIII. J
RATON
Qui n'exerce pas, qui se relire des affaires, qui n'est plus assorti..Et quand ce serait un passe-droit, une faveur, tu as entendu que sa majesté voulait favoriser le commerce ; et j'ose dire que j'y ai des droits, car, par le fait, c'est m(Ti qui suis le fournisseur de la cour. Je vends depuis lonj^tcmpsà voire majeslé, je vendais à la reine Mathilde... quand elle n'cîait pas indisposée; j'ai vendu ce malin à son excellence M. le comte de Falkenskield , ministre de la guerre , pour le prochain mariage de sa fille...
ÉRIC , yivciiieut.
De sa fille! elle se marie !
RANTZAU , le regardant.
Oui, sans doute! au neveu du comledeGœlher, notre collègue.
KRIC.
Elle se marie !
RATOiV.
Qu'est-ce que cela te fait?
tRlC.
Rien !... j'en suis content pour vous.
RATON
Certainement , une belle fourniture ; d'abord les robes de noces et tout l'ameublement, en lampas, en quinze-seize, façon de Lyon, le tout sortant de nos fabriques : c'est fort , c'est moelleux , c'est brillant...
RANTZAU
J'aperçois Falkenskield ; il se rend au conseil.
LA RELNE.
Ah! je ne veux pas le voir. Adieu, comte; adieu, monsieur Burkenstaff ; vous aurez bientôt de mes nouvelles.
RATON
Je serai nommé... Je cours chez moi l'apprendre à ma femme ; viens-tu, Éric?
RAMZAl,
Non, pas encore!... J'ai à lui parler. (A. Kiic , pendant que Raton
sort parla porte du fond. ) Attendez là (il luiraontrela coulisse à gauche),
dans cette galerie, vous saurez sur-le-champ la réponse du comte.
ÉRIC, s'iocliDant.
Oui, monseigneur.
108 CEÎ\TRAND ET RAÎON.