‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 91 sur 535 · ACTE I, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IX

RANTZAU

On me l'a cité ; mais je me brouille avec les noms ; ... un marchand de soieries... an Soleil d'Or.

FALKENSKIELD.

Raton Burkenstaff?

RANTZAU

C'est cela même !... Après cela , est-ce vrai ? je n'en sais rien , ce n'est pas moi qui l'ai entendu...

KALKENSRIELD.

N'importe; les renseignements qu'on vous a donnés ne sont que trop exacts, et je ne sais pas pourquoi ma lille prend toujours chez lui toutes ses étoffes.

RANTZAU , vivement.

Bien entendu qu'il ne faudrait lui faire aucun mal j... un ou deux jours de prison...

FALKENSKIELD.

Mettons-en huit.

RANTZAU, froidement.

Comme vous voudrez.

FALKENSKIELD.

C'est une bonne idée.

RANTZAU

Qui vient de vous ; et je ne veux pas auprès de la reine vous en ôter l'honneur.

FALKENSKIELD.

Je vous en remercie, cela terminera tout. Un service à vous demander...

RANTZAU

Parlez.

FALKENSKIELD.

Le neveu du comte de Gœlher, notre collègue , va épouser ma fille , et je le propose aujourd'hui pour une place assez belle qui lui donnera entrée au conseil. J'espère que de votre part sa nomination ne souffrira aucune difficulté.

Et comment pourrait-il y en avoir?

FALKENSKIELD.

On pourrait objecter qu'il est bien jeune...

RANTZAU

C'est un mérite à présent;... c'est la jeunesse qui règne, et la

SCRIBE.— T. Y. iO

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loine ne peut lui faire un crime d'un lorl qu'elle-même aura si longtemps encore à se reprocher.

FALKENSKIF.LD.

Ce mot seul la tiécidera ; et l'on a bien raison de dire que le comte Bertrand de Rantzau est l'homme d'Etat le plus aimable, le plus conciliant, le plus désintéressé...

RANTZAU, tirant un papier.

J'ai une petite demande à vous faire, une lieutenance qu'il me faut...

FALKENSKIELD.

Je l'accorde à l'instant.

RANTZAU, lui montrant le papier.

Voyez auparavant...

FALKENSKIELD, passant à gaiiclie.

N'importe pour qui, dès que vous le recommandez. (Lisant.) 0 ciel!... ÊricBurkenslaff... Cela ne se peut...

RANTZAU, froidement cl prenant du tabac.

Vous croyez.^ Et pourquoi.'

FALKENSKIELD, avec emb.irMs.

C'est le fils de ce scditieu.\', de ce bavard.

RANTZAL.

Le père, oui, mais le fils ne parle pas; il ne dit rien , et ce sera au contraire une excellente politique de placer une faveur à côté d'un châtiment.

FALKENSKIELD.

Je ne dis pas non ; mais donner une lieutenance à un jeune homme de vingt ans!...

RANTZAU

Comme nous le disions tout à l'heure, c'est la jeunesse qui règne à présent.

FALKENSKIELD.

D'accord; mais ce jeune homme, qui a été dans les magasins de son père et puis dans mes bureaux, n'a jamais servi dans le militaire.

RANTZAU

Pas plus que votre gendre dans l'administration. Apres cela, si vous croyez que ce soit un obstacle, je n'insisle plug; je respecte vosavis, mon cher collègue, et je les suivrai en tout... (Avec intention. ) Et ce que vous ferez, je le ferai.

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