SCENE PREMIERE. i
de lui-même des cordons , des dignités , des portefeuilles , il ne se refuse rien.
Comment , monsieur ?
FRÉDÉKIC.
C'est là sa folie. .\ujourd'hui , il se nomme chef de division ; demain, secrétaire général; aprcs-demain , ministre; et puis il recommence , toujours enchanté de sa nomination', qui , du reste , ne peut faire crier personne; car il est impossible d'exercer avec plus de probité ; tout au mérite, rien à la faveur. Enfin', mon ami , comme je te le disais , une folie complète.
Air du Cliarlataiiisme.
Partout , il admet tour à tour La justice et réconomie ; Même on m'a dit que l'autre jour, Dans un beau moment de folie , Trouvant le budget trop pesant.
Il s'est ôlé son ministère...
Et , pour être moins exigeant , Pour mieux sentir la valeur de l'argent. Il s'est nommé surnuméraire.
GEORGES
Voyez-vous cela !
IRÉDÉRIC.
.\ cela près , un excellent homme ; bon père , bon ami , causant de la manière la plus sage et la plus raisonnable sur tous les sujets , un seul excepté.
GEORGES
Ce n'est pas possible.
FRÉDÉKIG.
Si vraiment. Semblable à Don Quichotte , qui n'extravaguait que lorsqu'il était question de chevalerie , M. de Berlac ne perd la tête que quand il s'agit de places ou de dignités. L'un prenait des auberges pour des châteaux, et celui-ci prend toutes les maisons pour des ministères.
GEORGES
Je comprends, monsieur.
Air de l'Artiste.
Don Quichotte moderne, Il prendrait en chemin
Tel orateur qu'on I)eine Pour l'enchanteur Merlin; Un ministre en disgrâce Pour quelque mécréant, El bien des gens en place Pour des moulins à vent.
Et dans quelle maison , dans quel ministère est-il en ce moment ?
JULIETTE, Cil dedans.
Georges ! Georges !
FRÉDÉRIC
Chut! quelqu'un.