SCÈNE Vm
M. DE ISOIUMOXT.
Moi, c'est déjà fait; mais vous, n'est-ce pas madame l'holesse?
(Il avance un fauteuil |)oiu' \I. de Bcrlac.) MADAME l'RESTO.
Oui, monsieur; oui, monsieur.
M. DE NOIRMONT, bas à madame Prestd.
Commencez donc sur-le-champ , il n'y a pas de temps à perdre.
MADAME PRESTO
N'ayez pas peur. (A M. de BeHac, avec voliibilitc. ) On va le monter à l'instant, un déjeuner soigné et délicat. Mon mari est en !)as, à la cuisine , qui a voulu s'en occuper lui-même , et mon mari est un homme... c'est un homme, celui-là !
M. DE BERLAC.
C'est un cuisinier.
MADAME PRESTO
Cuisinier par excellence. Quand je parle d'excellence , il y en a beaucoup qui auraient voulu l'avoir, et il a toujours refusé, à cause de l'indépendance de ses opinions. Celui qui aurait l'esprit de se l'attacher ne s'en repentirait pas.
M. DE BEULAC.
Vraiment ?
( Il tire un calepio de sa poclie. ) M. DE SOIRMONT.
Il ne s'agit pas de cela ; allez donc au fait.
MADAME PRESTO
C'est une manière d'y arriver. (A M. de Berlac. ) Et à un grand seigneur, à un minisire , par exemple , pour qui j'aurais de l'amitié, je ne souhaiterais point d'autre chef d'office que mon mari. ( M. de Berlac s'assied. ) C'est un cadeau que je lui ferais.
M. DE BERLAC.
Son nom ?
MADAME PRESTO
Presto , cuisinier italien.
M. DE BERLAC.
Cuisinier bouffe.
MADAME PRESTO
Connu par la vivacité de son exécution ; avec lui on n'attend jamais, et l'on dine toujours de bonne heure. (A part. ) Et le déjeuner qui n'arrive pas.
( Elle va vers le fond. )