LE MARQUIS, LE VICOMTE
LE MARQIT?,
OÙ donc étais-tu hier, vicomte.' nous t'avons attendu.
tSO AVANT, PEiNDANT ET APRÈS.
LE MCOMTi..
.Vin soupe avec la Saint-IIubcrli; nous iHions là une demidouzaine de philosophes titrés, qui avons moralisé toute la nuit autour d'un tapis vert. Voisenon nous a chanté des couplets charmants de Favart. Sophie Arnoult était tout esprit, et moi tout oreilles.
On a joué ?
Pour passer le temps.
Tu as perdu ?
LE MARQUIS
LK MAHoLIS.
LE VICOMTli.
Une bagatelle, mille écus; c'est-à-dire nous sommes deux ([ui les avons perdus, moi , et celui qui me les a gagnés.
LE MARQUIS
Tu n'as pas d'ordre, vicomte.
LE VICOMTE
Je ne sais pas comment je fais. J'ai quarante mille livres de rente , je fais à peu près pour autant de dettes par an , ce qui me complète un revenu de quatre-vingt raille francs. Eh bien ! je suis gêné.
LE M Ali QHS.
Est-ce que les créanciers veulent te faire décréter;'
LE VICOMTE
Je ne m'en inquiète pas ; mais ces droles-Ià s'avisent de perdre patience, après cinq ou six ans! ils prétendent que je jette mon argent par les fenêtres. Il faudra que je leur fasse prendre ce chemin-là pour courir après. Mais toi, marquis, est-ce que tu te jettes dans la réforme ?
LE MARQUIS
Celte petite Julie me tourne la tète ; j'en suis fou.
LE VICOMTE
Sérieusement ?
LE MARQUIS
Tu l'as vue ici, ettoi-méme lu en étais enchanté. Fille d'un négociant qui avait eu le bonheur d'être utile à notre famille , orpheline dès son bas âge, Julie a été recueillie par les soins de la duchesse ; elle a passé son enfance avec ma sœur, mon frère et moi. il s'est établi entre nous une certaine familiarité, tout en gardant