I.E MAr.QlIS
Un service ! à moi, chevalier ? C'est la première fois que f u mets mon amitié à l'épreuve; parle, que désires-tu? je suis tout à toi.
Vous partagerez mon indignation. Le jeune Raymond , le frt-rc de Julie, victime d'un complot affreux, vient d'être enrôlé par force, par ruse ; il est soldat !
LE MARQIIS.
.le t'en demande pardon ; mais je ne vois pas ce qu'il y a de fâcheux là dedans.
LE CHEVALIER
Comment ! un misérable privera de sa liberté un homme honnête ; il abusera de sa crédulité, de son ignorance pour lui faire contracter un engagement !
LE V1C031TE
Eh ! comment tiendrait-on les régiments au complet.^
LE HARQIIS.
Tout ce que je puis faire, c'est de le recommander à son colonel.
LE CHEVALIER
Ouoi! mon frère... !
LE MARQIIS.
Que Raymond serve, il est fait pour cela; (|u'y a-t-il de déshonorant à servir.^
LE CHEVALIER
Rien ! si tout le monde partageait le sort de Raymond.
LE VICOMTE
Vous voudriez qu'un gentilhomme tirât à la milice?
LE CHEVALIER
Pourquoi pas.' La piofcssion des armes a besoin d'être honorée par ceux qui l'exercent ; on dirait, à la façon dont l'armée se recrute, que l'état de soldat est une punition réservée aux mauvais sujets du royaume , ou un piège tendu aux pauvres diables.
LE VICOMTE
Mais en vérité, chevalier, voilà des idées toutes singulières; prenez-y garde.