‹ Œuvres choisiesChapitre 179 sur 446 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JL'LIE; LE MARQUIS, entrant par la porte de la boutique. LE MARQUIS.

Qui que vous soyez , sauvez-moi , donnez-moi asile ; les entendez-vous. ^ ils me poursuivent. ( Il jette sou cliapeau, )

JULIE

Dieu ! qii'enlends-je ! quelle voix ? le marquis.

LE MARQUIS

Julie ! 0 justice céleste ! Eh bien , tant mieux ! je n'irai pas plus loin; que mou sort s'accomplisse , livrez-moi...

( Il s'assied sur une chaise auprès de la tal)lc à droite.) JULIE.

Vous livrer ? y pensez-vous. Oii sont-ils ?

LE MARQUIS

Dans le faubourg.

JULIE

Notre maison fait le coin, et au moment où vous avez tourné ils ont dû vous perdre de vue.

LE MARQUIS

Oui , pour un instant; mais ils vont visiter toutes les maisons de cette rue.

JULIE

Peut-être; venez, là, dans ce cabinet. (Montrant le eabinetà gauehc- Le marquis entre dans le eabinet, mais reste un instant sur la porte. ) Ciel î

j'entends les tambours ; ils approchent !

( Morceau de musique avec tambours, dans le lointain, et crescendo. ) LE MARQUIS, à la porte du cabiuet.

0 supplice plus cruel que la mort ! Je n'ai pas une goutte de sang dans les veines. Viennent-ils?

JULIE

Hélas, oui !

LE MARQUIS

Et pas d'armes pour me défendre !

JULIE

Cette chambre donne sur la place de l'Égalité... S'ils entrent,

fuyez par là. ( Le marquis referme la porte. ) Sa mort du moins sera différée, et peut-cire même, si le ciel le protège... Mais commei.t

lui donner le temps de s'évader? ( S'assevaat et prenant sou ouvrage. )

0 mon Dieu ! inspirez-moi ; que n'ai -je le sang-froid de Gérard 1 mon émotion , mon troul)lo vont me trahir...

(Ici linit le niorceau Je rausiqne avec crescendo de tambours.) LE M ARQCIS , ouvraul la porte.

La porte de la rue est fermée.

.RLIE.

.\h, c'est vrai 1 mon mari a la clef. (Pâle et tremblante. ) Recommandez-vous à Dieu, et moi aussi. (L'air du Muletier.) Ils approchent, j'entends les soldats , les voici.

(A. travers le vitrage du fond, et au-dessus du rideau, ou aperçoit les chapeaux des soldats; ou entend sur le pavé le bruit de leurs fusils, qui retentissent. Un commandant de patrouille, suivi de quelques hommes, entre dans la boutique. )

l'officier.

Commençons par cette maison-ci.

( lu des soldats s'approche de Julie, qui se met devant la porte du cabinet; un autre va du côté du caveau à droite, ) GÉRARD, entrant.

Que faites-vous donc ? ce n'est pas la peine ; c'est ma maison, et j'en réponds. Cependant , si vous voulez, voilà la citoyenne, qui vous fera les honneurs.

l.\ DES HOMMES DE LA. PATROI ILLE.

Il n'y a rien à craindre , c'est la maison du patriote Gérard.

PLUSIEFRS VOIX, dans la rue.

Oui, oui, c'est la maison du patriote Gérard.

(.iJRARD, à sa femme.

Adieu , femme. Qu'as-tu donc? est-ce que la présence des citoyens... ! Ne crains rien, je suis à toi tout à l'heure ; je reviens après la patrouille. ( Aux hommes de la patrouille.) AUous, allons, les trainards !

l'officier.

Un instant , citoyen Gérard, nous allons placer deux sentinelles au coin delà rue, et continuer nos recherches. Marche! ( Ils sortent.

On entend l'ollicier dans la rue dire à haute voix : ) DeUX factionnaires

au coin de la rue.

(Le tambour reprend; et à mesure que le bruit s'affjiblil graduellement, Julie semble renaître.)

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