‹ Œuvres choisiesChapitre 262 sur 446 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

M. DlIiRtllL.

Un prodigue ! uu dissipateur ! un mauvais sujol ! ARVIir», voulant l'arrêter.

Mon oncle, je vous en supplie...

Mon père !

M. «LBREiiL, à Malvlua.

Oui , ma chère enfant , c'est comme je te le dis , j'en ai les preuves! Et voilà pourtant comme, avec de grandes plirases et une feinte passion, une jeune personne se laisse séduire. 0 jeunesse iiuprudcnte ! quand vos parents, quand un père lui-même , malgré toutes les recherches , toutes les précautions , tous les soins de la tendresse la plus vive , peut encore se tromper sur le choix d'un gendre , vous , n'écoutant que les rêves de votre imagination , vous jouez ainsi au hasard votre bonheur et l'espoir de votre vie entière.

AKVED, ciiercliaDt toujours à rancter.

Mon oncle ! et quels que soient ses torts, me refuserez-vous la première grâce que je vous demande ?

M. DlBKlillL.

Tu le veux , mon fils ? puis-je rien refuser à toi, à ma fille , à vous qui êtes mes enfants ; vous , qui devez faire ma joie et ma consolation ?

AUVED.

Grand Dieu !

M. DCBREIIL.

Parle, mon ami, guide-moi, dis-moi ce qu'il faut faire : je suivrai tes conseils.

ARVEn.

Eh bleu ! à votre place , j'écrirais d'abord à M. de Bareulin.

M. DUBREUIL

Lui écrire! (Se mettant à la table àdioite.) M'y voici : dicle toimême ; j'écris.

ARVED, dictaut.

'( Monsieur, vous avez de grands torts envers moi : je vous les pardonne. »

M. DLBREUIL.

Lui pardonner Mon père !

MALVINA , suppliant.

302 MALVIXA.

M. DlBREUIf..

Allons, lu le veux aussi ; le mot est écrit.

ARVED, dictant.

«Je vous les pardonne, si vous rendez heureuse celle à qui " votre sort est uni. »

M. DLBRECIL.

Après?

AUMÎD.

Voilà tout. (Regardant Malvina.) N'est-il paS vrai?

M. DLBllF.lIL.

Et je signe : « Votre oncle. »

ARVED , l'arrûtaiit.

Non; je ne signerais pas ce noot-là.

M. DlBREllL.

Et pourquoi?

ARVED.

Ah ! c'est que... Silence ! c'est Marie.

MAEVLNA, à part.

C'est fait de moi.

ARVED, à M. Dnbreuil, qui s'avance vers Marie, et qu'il s'efforce d'arrêter.

Ne lui parlez pas encore; que devant elle il ne soit question de rien, je vous en conjure.

M. DlBREin>.

Pour quelles raisonS^?

ARVED.

Vous le saurez : venez , passons dans votre cabinet.

(H va à Marie; Maiviua passe auprès de son père.)

Page 1