‹ Œuvres choisiesChapitre 261 sur 446 · ACTE II, SCEME X. 2'j'J · texte numérisé non relu

ACTE II, SCEME X. 2'j'J

m'effrayez... Et ce que Marie te disait tout k l'iieurc... est-ce que ce serait d'elle qu'il s'a°;irait?

ARVED, licsitant.

Mais... peut-être bien. (Malvina laituu raouvcmentde s'irprise ; Arved lui fait signe dese coulenir, et, parlant à M. Dubréiiil.) VouS me parliez CC

matin de ma cousine Marie, et des soins que l'année dernière, que cette année encore, M. de Barentin avait l'air de lui rendre .'

M. DUBREUIL

C'est vrai.

VRVED.

Eh bien! que diriez-vous si... si elle l'aimait?

M. DIBUEIIL.

Ce que je dirais? Je dirais : Tant pis pour elle, parce qu'elle ne l'épousera pas, parce que jamais je ne consentirai à ce mariage.

ARVF.I).

Et si, prévoyant vos refus , et n'osant braver votre colère,... si, en un mot , sa jeunesse, son inexpérience...

M. DlBREUn,.

Que dis-tu?

ARVF.D.

Si elle s'était engagée à lui par des nœuds solennels...

M. dibreul.

Ce n'est pas possible ; vous vous abusez.

ARVED.

Non, mon oncle , c'est la vérité ; ils sont unis , mariés secrètement.

Jl. DIBREUIL, l'urieux.

Un mariage secret !

MALVOA , suppliant.

Mon père !

M. DlBREllL.

Non; tu essayerais en vain de la défendre : nos lois ne reconnaissent pas de pareils mariages ; il est nul, il sera rompu : j'en ai le droit.

ARVED.

Je le sais; mais vous ne voudrez pas en user, pour son honneur, pour celui de votre famille ; car enfin , mon oncle , elle est à lui , elle lui appartient , elle est sa femme.

M. DUBREUn..

11 est donc vrai ?

300 MALYINA.

ARVKD.

Et VOUS ne voudriez pas réduire au désespoir une personne que vous aimez, que nous aimons tous;... quand, d'un seul mot, vous pouvez la rendre heureuse.

M. DIBREUIL.

Heureuse! Mais c'est ce qui te trompe , elle ne le sera jamais.

MALYINA.

Que dites-vous .'

M. DLBRELIL.

Quand cette passion qui l'aveugle, quand ses premières illusions seront dissipées, et ce ne sera pas long , elle pleurera elletncme sur son imprudence, et se repentira du choix, qu'elle a fait.

MALVI\A.

Et pourquoi donc? A la fortune près, que pourrait-on y blâmer.^ N'est-il pas d'une honnête naissance , d'une famille distinguée?

M. DLBKliUL.

Oui , le lils d'un conliseur.

0 ciel ! ce n'est pas possible !

M. DLBRELIL, montrant la leltrc qu'il tient.

J'ai là ses titres et ses parchemins.

ARVED.

Eh ! qu'importe? le fils d'un honnête négociant n'eu vaut-il pas un autre? El après tout, mon oncle , qui sommes-nous? N'est-ce pas aussi dans le commerce que notre famille s'est enrichie ?

M. DLBUELIL.

Oui; mais moi j'en suis lier, je m'en vante.

Air du vaudeville de Partie carrée.

De père en lils , quand ou a l'avantage

Et riionneur d'être commerçant, On ne va pas d'un noble personnafi(; Prendre le nom et le déguisement I Oui , quelque état que le sort nous désigne , On en est lier alors qu'on rennoljlit ; Mais je me dis qu'on n'en est jamais digne Silùt qu'on en rougit.

Et ces grands malheurs, ces persécutions dont il se \anlait... Lui , persécuté ! et par qui ? Par ses créanciers.

Grands dieux !

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