‹ Œuvres choisiesChapitre 277 sur 446 · ACTE I , SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE I , SCENE V

SIDLER.

Bah! alors c'est donc toi...

MAl.ZEN.

Moi! je la déteste.

PIDLEK.

J'y suis. C'est tout à fait un mariage de convenance.

MALZEN.

Il n'y en a aucune.

SinLEU.

Et turépouses?

MVI.ZEN.

Peut-être.

SIDLER.

Ahçà! mais à moins d'y être condamné...

MALZEN.

Précisément, je le suis.

TOUS

Que dis-tu.'

SIDLER.

Oh! pour le coup, je m'y perds; explique-toi.

MVLZEN.

C'est bien l'aventure la plus maussade et la plus comique en même temps; car si elle était arrivée à l'un de vous, j'en rirais de bon cœur, parce qu'au fond le malheur ne me rend pas injuste. Au fait, le commencement était assez agréable : une jeune fille, jolie et fraîche comme les amours, seize ans au plus, simple comme au village, du moins je le croyais ; car maintenant je suis sur que j'avais affaire à la coquette la plus adroite! C'était dans un bal. Eh mais! Sidler, tu y étais aussi, il y a trois ans?

SIDLER.

Chez le grand bailli! Parbleu, je m'en souviens; je faillis étouffer quand le feu prit à la salle ; tout le monde courait.

MALZEN.

C'est cela. Tremblant pour les jours de ma jolie danseuse, je l'enlevai dans mes bras, et la portai au bout du jardin, dans un pavillon isolé, où, vu la dislance, il était impossible que le feu arrivât. Mais je n'avais pas prévu un autre danger : la petite s'était évanouie pendant le trajet ; j'étais fort embarrassé pour avoir du secours; je n'osais la quitter. (Souriant,) Et puis, entre nous, j'ai le malheur de ne pas croire aux évanouissements.'' Bref, je ne

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sais, mais je n'appelai personne... Et... enfin, c'est trois mois après, lorsque j'étais au fond Je l'Italie, que j'apprends qu'on me suscite le procès le plus ridicule.

SIDLER.

C'est drôle, cette histoire-là; tu aurais du nous l'écrire.

M.VLZEN.

Oui, autant la mettre dans la gazette; et puis cela a été si vite. Se trouver tout de suite époux et père, par arrêt de la cour, et avec dépens.

Air Je l'Artiste.

D'un fils on me menace , J'ignorais qu'il fut né ; Et , père conlumace.

Me voilà contlamné.

J'arrive par prudence , Et sans retard aucun , De peur que mon absence Ke m'en coule encore un.

SIDLER.

C'est donc une famille qui a du crédit, une famille noble?

M.VLZEN.

Eh non ! de la bonne bourgeoisie, et voilà tout.

SIDLER.

11 fallait en appeler.

MALZEN.

Nous n'y avons pas manqué ; et nous avons encore perdu.

SIDLER.

C'est une horreur! Mais cela ne me surprend pas, la justice à présent est si bourgeoise ! elle est pour tout le monde. Mais elle a beau faire, nous sommes au-dessus d'elle, et à ta place...

MALZE.N.

Qu'est-ce que tu ferais?

SIDLER.

.le m'en irais, je me moquerais de l'arrêt.

(I.es jeunes gens remontent la scène, Maizen et Sidler seuls se trouvent sur

le devant. )

MALZEN.

Et si je ne l'exécute pas, je suis privé de mon grade, déshonoré, je ne puis plus servir, ma carrière est perdue.

SIDLER.

Il fallait alors t'adresser au prince, dont ton père a été ministre; il t'aime, et si tu lui présentais requête...

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