ACTE I , SCÈNE X
•< familles nobles. J'entends donc que ce mariage, devenu néces- << saire, ait lieu aujourd'hui même. » ( s' interrompant. ) C'est aussi notre intention, et Son Altesse sera satisfaite, car dans ce moment , sans doute, bon gré, mal gré, les époux sont bénis. ( Contimiaut. ) « Mais je sais que dans ce cas-là la loi autorise quelquefois une n séparation, à laquelle Malzen est décidé h avoir recours. » (S'în-
terrompaot. ) 11 n'est pas leSCul, sa femme aussi. ( Continuant. )
« Il y a eu déjà trop de scandale dans cette affaire ; celte sépara- « tion en serait un nouveau, que je veux empêcher ; et, pour cela, " je compte sur vous. » Sur moi ! (Continuant. ) « Je suis tellement « persuadé que votre intervention et vos soins conciliateurs amè- « neront cet heureux résultat, que j'ai différé jusque-là de vous « accorder ce que vous sollicitez. » Ah! mon Dieu ! ( Coniinunnt. ) '< Mais, au premier enfant qui naîtra du mariage contracté aujour- « d'hui, je vous promets cette grâce, que vous méritez, du reste, à « tant de titres, etc., etc., etc. » Qu'est-ce que je viens de lire! et de quelle mission le prince s'avise-t-il de me charger !
Air : J'en guette un petit de mon âge.
Y pense-t-il ? quelle folie !
Moi qui dois l'exemple au palais , Il veut que je les concilie , Et que j'accommode un procès.
Cet usage n'est pas des noires; Mais il l'exige :... par égard, Arrangeons-le... quitte , plus tard , A se rattraper sur les autres.
D'ailleurs, mes lettres de noblesse en dépendent. Mais comment désarmer la tante, la plus obstinée des femmes, et rapprocher des jeunes gens qui s'abhorrent, qui se détestent.^ Un enfant ! Eh mais ! il y en a un. ( Relisant la leUre. ) « Qui naîtra du mariage contracté « aujourd'hui. » C'est clair : celui qui a précédé ne compte pas. Eh mais! je les entends. C'est toute la noce qui vient.
334 LOUISE