ACTE II, SCÈNE I
LOUISE , se levaut. ^
Ah! c'est VOUS, monsieur Salsbach.
SALSBACtr.
Pardon de me présenter ainsi. Vous n'avez paru ni au déjeuner ni au diner ; et j'étais impatient de savoir des nouvelles de madame la baronne, car vous voilà baronne maintenant : et la chère tante a beau dire , c'est un titre assez agréable.
LOUISE
Que l'on ne me donnera plus dès ce soir, je l'espère.
SALSBACII.
Pourquoi donc? c'est indélébile , impérissable ; quand on a été baronne, ne fût-ce qu'un quart d'heure , il n'y a plus de raison pour que ça finisse.
Peu m'importe , je n'y tiens pas ; pourvu que la séparation soit prononcée aujourd'hui même.
SALSBACH, à part.
Nous y voilà.
Air d'une Heure de mariage.
A se rapprocher tous les deux Comment pourrai-je les contraindre?
LOUISE , l'observant.
Mais vous paraissez soucieux.
Avons-nous quelque obstacle à craindre?
SALSBACH.
( A part. )
Non , non , madame ; aucun encor !
( Haut. ) Vous êtes , sans qu'on \ ous y force , Tous deux parfaitement d'accord.
C'est ce qu'il faut pour un divorce.
Vous ne l'avez pas vu depuis hier soir.'
LOUISE
Non , sans doute.
SALSBACH, à pari.
Ni moi non plus. (Haut. ) Je viens de le rencontrer tout a l'heure ; il paraît qu'il voudrait vous parler.
LOUISE , effrayée.
A moi !
338 LOUISE
SALSBACtI.
Oui ; il m'a chargé de vous demander un moment d'entretien.
( A part. ) Il se pendrait plutôt que d'y songer.