‹ Œuvres choisiesChapitre 296 sur 446 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

SALSBACH; MALZEN, introduit par Fiilz.

MALZEN.

C'est VOUS que je cherchais , monsieur.

SALSBACH, d'un air riant.

Qu'est-ce qu'il y a , mon cher monsieur ? Quelque chose de pressé , à ce qu'il parait ; car pour venir jusque dans la chambre de la mariée...

MALZEN.

Ah! c'est... pardon!., si je l'avais su...

SALSBACH , souriant.

Pourquoi donc? Vous avez bien le droit d'y entrer.

MALZEN.

Je n'y resterai pas longtemps; les vingt-quatre heures sont expirées, nous n'avons plus qu'à signer l'acte de séparation. Ainsi, terminons, je vous prie; j'ai fait seller mon cheval, et je veux partir avant la nuit.

SALSBACH , à part.

Quand je disais qu'il y avait sympathie ( Regardant à sa montre.

Haut. ) Permettez , monsieur, permettez , il s'en faut encore de trois quarts d'heure.

MALZEN , impatienté.

Ah, monsieur!

SALSBACH.

Non pas que nous tenions... Mais il faut au moins lo temps de dresser l'acte, de le rédiger.

MALZEN , montrant un papier.

C'est inutile , le voici.

SALSBACH.

Déjà ! très-bien , monsieur. (li sonne.)

MALZEN.

Que faites-vous ? Vous ne lisez pas ?

SALSBACH.

Mon devoir est de le soumettre d'abord à la tante de madame la baronne. ( A Fritz , qui paraît. ) Portez cela à votre maîtresse.

(Fritz reçoit le papier, et entre chez madame Barneck. ) Et maintenant

que tout est fini, jeune homme, je ne vois pas pourquoi vous refusez l'entrevue que madame de Malzen vous a fait demander.

LOUISE

MALZEN.

Madame de Mal zen?

SALSBACII,

Oui , avant de partir, votre femme veut vous parier ; on vous l'a dit?

MALZEN.

Du tout.

SALSBACH.

Eh bien ! je vous l'apprends. ( A part. ) Qu'est-ce que je risque? ça ne peut pas aller plus mal.

MALZEN.

Me parler ! Et de quoi ?

SALSBACH.

Mais de vos intérêts communs.

MALZEN , vivement.

Nous n'en aurons jamais.

SALSBACH.

De votre fils peut-être ; car vous n'avez pas oublié , monsieur, que vous avez un enfant. (Avec sensibilité.) Un enfant! savez -vous bien , jeune homme , tout ce que ce mot renferme de sacré , de touchant, quels devoirs il impose?

MALZEN.

.Te vous dispense...

SALSBACII.

Et quel bonheur il promettrait à votre vieillesse , surtout si vous en aviez plusieurs, beaucoup même ? Lé ciel protège les familles nombreuses.

MALZEiN, avec impatience.

Il suffit. J'ai pourvu au sort de mon fils , autant qu'il était eu moi : ainsi cette entrevue est inutile.

SALSBACH, vivement.

Pardonnez- moi, elle est indispensable.

MALZEM.

Monsieur...

SALSBACH.

El vous êtes trop galant homme...

MALZEN , avec colère.

Eh, morbleu!

SALSBACU.

Justement, voici madame la baronne.

MALZEN , s'arrCtant.

Dieu !

Page 1