I.Ol'lSE , effrayée
Monsieur, monsieur, je vous en supplie...
MALZEN, retournant à sa place.
C'est juste; pardon, madame. C'est bien le moins, puiscjue vous m'accordez un asile, que je ne sois pas incommode. Soyez tranquille, je ne vous générai pas , je me tiendrai là, sur une chaise. Vous permettez, madame.^
LOI' ISE.
Mais il le faut bien , monsieur.
MALZEN.
Que vous êtes bonne ! ( Il s'assoit. Moment de silence.) Je vous en prie, madame, que je ne vous empêche pas de reposer. Je sens bien que , dans notre situation , c'est difficile : on dit que les plaideurs ne dorment pas; mais nous pouvons, du moins, parler de notre procès : car maintenant c'est vous qui vouiez plaider , c'est vous qui m'y forcez , et je vous préviens , madame , que je me défendrai avec acharnement, que je vous ferai toutes les chicanes possibles. Vous ne pouvez pas m'en vouloir.
LOIISE, le regardant.
En vérité, monsieur, vous m'étonnez beaucoup. Il me semble que nous avons tout à fait changé de rôle, et ce matin encore...
MALZEN', se levant, et allant auprès de Louise.
Ne me parlez pas de ce matin, d'hier, de ces deux années. J'étais un insensé, un fou...
Et maintenant vous vous croyez plus sage ?
MALZEN.
Non : mais plus juste; car j'ai appris à vous apprécier. Il est des préjugés que je ne prétends pas défendre , mais que je devais respecter : car c'étaient ceux de ma famille.
Air de l'Angelus.
Mon père, dans cette union ,