SCÈNE IV
le matin. (A Denneville, qui est assis auprès de la table. ) N'est-il pas
vrai ?
DENNEVILLE.
Certainement; et dès qu'Edmond veut bien prendre cette peinelà , que diable ! chère amie, profitcs-en : car il n'a pas de temps à perdre.
Quoi ! vous voulez... ?
EDMOND , vivement.
Eh oui ! sans doute. Je suppose d'abord que vous savez les premiers éléments.^
CAROLINE
Moi, je ne sais rien.
EDMOND, au fond à gauche, avec Caroline, C'est charmant. Vous tenez toujours en avant le pied opposé à celui du danseur, et des qu'il change vous changez aussi.
CAROLINE
Vous croyez ?
EDMOND
C'est de rigueur.
DENNEVILLE, à la table et tenant un journal. Eh oui! puisqu'il le dit.
CAROLINE
Je me le rappellerai, monsieur.
EDMOND
Maintenant, la taille plus inclinée, plus cambrée, et ne craignez rien. C'est à votre cavalier à vous aider, à vous soutenir; c'est son devoir. ( A demi-voix. ) Et il est si doux !
CAROLINE
Monsieur...
EDMOND, lui présentant la main.
Votre main dans la mienne.
Je verrai bien sans cela.
EDMOND
C'est impossible.
DENNEVILLE, toujours à la table, et sans tourner la tête. Fais donc ce qu'on te dit !
EDMOND , comracneaut à danser.
Tra, la, la, la, la. Ici nous changeons de main. Tra, la, la, la, la.
(Arrivanl jusqu'à la chaise Je Dennpvillc. ) Prends (loilC garde, tU IIOUS
géiies.
DENNEVILUE, reculant sa cliaise.
Il fallait donc le dire !
EDMOND, s'arrêtaot.
Et puis ça essouffle de chanter en dansant.
DENNEVILLE.
N'est-ce que cela? je ferai l'orchestre ; que je serve au moins à
quelque chose. ( Il prend un violon qui est dans une boite sur une chaise, et joue , pendant qu'Edmond et Caroline dansent quelques mesures de la galope. }
EDMOND, à Caroline, tout en dansant.
Très-bien, madame, à merveille ; des dispositions admirables.
CAROLINE, dansant toujours.
Vous trouvez!'
DENNEVILLE, jouant toujours.
Je suis de son avis; c'est très-gracieux.