‹ Œuvres choisiesChapitre 342 sur 446 · DEN.NEV1I.LE · texte numérisé non relu

DEN.NEV1I.LE

C'est au point, te le dirai-je ? que ces jours passés , je m'étais presque laissé entraîner ; une conquête assez flatteuse,

Il serait possible !

DEXNEVILLE.

Ma franchise, du moins, te prouvera que j'ai résisté , que j'ai renoncé k toutes ces idées-là pour toi , pour toi avant tout , et puis pour ce pauvre Edmond , qui , je crois , en est épris.

CAROLINE, émue.

Monsieur Edmond!

• DENNEVILLE.

Moi , d'abord , j'ai toujours respecté les droits de l'amitié. Il serait si mal d'abuser de l'affection , de la conQance d'un ami !

CAROLINE

Et M. Edmond aimait cette dame?

DENNEVILLE , à part.

Je ne suis pas obligé de le servir. (Haut.) Lui ! il les aime toutes , pas longtemps, par exemple ; mais jeune, aimable, répandu dans le monde, il a raison d'en agir ainsi, il ne pourrait pas y suffire. J'en faisais autant quand j'étais garçon.

CAROLINE

Quoi , monsieur 1

DENNEVILLE.

Nous étions camarades, partageant les mêmes folies; et je me rappelle, entre autres, que, pour aller plus vite, nous avions composé des déclarations modèles, des circulaires qui servaient dans toutes les occasions , et qu'au besoin on aurait pu lithographier.

CAROLINE

C'était indigne.

Abominable! et j'en rougis encore quand j'y pense; mais c'était

Page 1