SCÈNE VII. 3b
DENNEMLLE.
Non , vraiment ; car j'étais là avec vous.
CAROLINE
Comment, monsieur! il serait vrai? c'étaient des vers pour moi?
DENNEVILLE.
Vous avez donc lu? Quelle indiscrétion!
CAROLINE
Aucune , puisqu'ils sont h mon adresse.
DENNEVILLE.
Sans doute; mais encore faut- il qu'ils soient dignes de vous. Sans cela ils auront le sort des autres, que je déclûre à l'instant.
CAROLINE
Comment ! ce ne sont pas les premiers?
DENNEVILLE.
Non vraiment. Presque tous les jours, après la Bourse... J'en aurais des voulûmes.
CAROLINE
Et je ne les connaissais pas !
DENNEVILLE.
Vous ne les connaîtrez jamais; j'ai trop d'amour-propre pour cela. Vous comprenez . des épitres à sa femme , des poésies conjugales ; tant de gens trouveraient cela si romantique, je veux dite si ridicule !
CAROLLNE.
Pas moi, du moins; et je réclame celle-ci.
A la bonne heure ; dès que je l'aurai terminée, car, avec vous, il n'y a pas moyen de vous faire des surprises.
CAROLINE
Si vraiment; c'en est une déjà de voir que vous pensez à moi.
DENNEVILLE, SOU|)iiant.
Eh ! mon Dieu, oui ; c'est malheureusement un tort que j'ai.
CAROLINE
Comment , monsieur ! un tort ?
DENNEVILLE.
Que je lâche de cacher à tous les yeux. Vous êtes pour moi si indifférente:
CAROLINE
J'allais vous faire le même reproche.
DENNEYILLE.
Il eût été bien injuste; car si je suis ainsi, c'est pour vous plaire, pour être comme vous, pour ne point vous tourmenter de mes empressements ; j'ai fait plus , je vous l'avouerai, j'ai tâche de m'élourdir, de me distraire ; j'aurais voulu vous oublier, en aimer une autre.
CAROLINE
Comment, monsieur!