‹ Œuvres choisiesChapitre 361 sur 446 · SCENE XVI · texte numérisé non relu

SCENE XVI

DE.NNEVILLE , Cssuvant une lariiiu.

Pauvre femme ! ( Avec chaleur. ) NoH , Caroline , non : lu sauras tout : c'est moi...

CAROLINE

Eh bien ! uous le sommes tous deux ; par donnons-nous mutuellement. Je n'ai pas besoin de te dire que je ne vais plus à ce bal.

DENNEVILLE.

Vraiment !

CAKOLISE.

Je reste ici près de toi. Je viens te demander à souper. Me refuseras-tu? aussi bien, je meurs de faim, car, par caprice, je n'ai point dinc.

DEiN.NEVlLLE.

Moi non plus.

CAKOLINE.

Tu vois bien que nous nous entendions !

DENNEYILLE.

Et ta belle toilette ?

CAROUiNE.

Elle aura été pour toi seul ; et maintenant elle me pèse , elle me fatigue, il me tarde de m'en délivrer. Sonne ma femme de chambre. ( DcDiievillf va pour tirtr le corJnn de la sonnette. Caroline l'arrête. )

Ah ! j'oubliais que je lui ai donné congé pour la soirée, mais je m'en passerai bien. ( Elle va près de la glace. ) Mon ami , voulez-vous m'ôter mon agrafe ?

DEN-NEVILLE , vivement.

Bien volontiers. ( S'arrêtaut. ) Non, non , on vient. SCÈNE XVII.

LES PRÉCÉDENTS ; GERVAULT , puis EDMOND. GEKVALiLT , entrant par le fond à droite.

Voici monsieur Edmond , qui demande si madame est visible.

DENNEVILLE.

Oui , sans doute.

EDMOND , entrant en grande toilette de bal. Air : Ah, le beau bal ( de la Fiancée ) !

Ah , le beau bal ! ah , la belle soirée ! On nous attend , et de ce bal joyeux J'entends déjà les sons harmonieux.

Eh mais! que vois-je? à peine êtes-vous préparée? Ma voiture est en bas , liàlons-nous de partir; Chaque instant de retard nous dérobe un plaisir- Ensemble.

EDMOND

Ah , le beau bal : ah , la belle soirée ; Hàtons-nous de partir.

DENNEVILLF. Ct CAROLINE.

Ah , quel moment! quelle belle soirée!

Pour tous deux quel plaisir!

CAROLI.NE

J'en suis fâchée, monsieur, mais je suis revenue du bal, ou plutôt je n'y vais pas.

EDMOND, à part.

0 ciel ! ( Haut. ) Je comprends : votre mari a exigé...

CAUOLINE.

Non, c'est moi qui veux rester.

DENNEVILLE.

Oui , nous passons la soirée en famille. Mon cher Gervault , voulez-vous avoir la bonté de dire qu'on nous serve à souper ?

CERV.ULT.

Dans la salle à manger?

DE-NNEVILLE.

Non , dans la chambre de ma femme , près du feu.

EDMOND , étonné.

A souper?

DENNEVILLE.

Je ne l'invite pas , mon ami , parce que c'est trop bourgeois; mais j'ai avant tout des excuses à te faire.

EDMOND

A moi !

DENNEVILLE.

Oui, tu avais raison tantôt, c'est bien quatre mille francs que je t'avais vendu mou cheval.

EDMOND

Comment?

DENNEVILLE, lui montrant la lettre.

Vois plutôt, c'était , parbleu , écrit en toutes lettres.

EDMOND, à part.

Il sait tout.

SCEiNE XVII. 413

DENNEVILLE, avec bonhomie.

C'est étonnant comme on peut se tromper ! mais dans ce monde ( regardant Caroline ) il ne s'agit que de s'cntendrc.

EDMOND

Je comprends, et je m'en vais.

DENNEVILLE , à part.

Et, comme tu es attendu au bal, je ne veux pas te retenir. Gervault , faites éclairer monsieur le comte.

GERVACLT, prenant le caudcLibrc qui est sur le bureau de Dcnncvilie.

Avec plaisir. ( A part, montrant Edmond. ) Les amants s'en vont, ( montrant Dennevillc et sa femme ) le bonheur reste ; voilà la morale des ménages. Je vais retrouver madame Gervault.

DENNEVILLE, à Edmond, qui est i)rès de la porte du fond à droite.

Bonsoir, mon ami.

EDMOND, soupirant.

Bonsoir. ( Edmond est près de l,i porte du fond , éclairé par Gervault, i[ui tient un flambeau. Dcnneville, tenant le bras de sa femme, va pour entrer avec elle dans la chambre à gauche. La toile tombe. )

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