ACTE I , SCENE II
maître... Vous ne savez pas ce que c'est que mon maître?... C'est l'honneur même,.-, c'est un cœur d'or,.-, c'est le plus brave jeune homme ;... et si le ciel était juste, celui-là méritait d'épouser un anye.
JOSKPniNE.
Il me semble qu'il n'est pas si mal tombé!.,. Qu'est-ce que vous avez à reprocher à madame?
BALTHASAK.
Moi !... est-ce que je lui reproche rien ?
J0Sr.PHl>E.
Dame!... vous avez un air...
(iUINOHUlX.
C'est vrai, cousin... vous avez un air...
JOSÉPHINE, se levant et venant auprès de Baltliasar.
Est-ce qu'elle n'est pas honorée et chérie dans le pays ? Est-ce qu'elle ne fait pas du bien à tout le monde?... Est-ce qu'elle ne se conduit pas d'une manière exemplaire ?
BALTUASAR.
C'est possible... Je ne dis pas non.
JOSÉPHINE
Et cependant , depuis un an que son mari l'a laissée seule ici, dans ce château, avec sa tante pour unique compagnie, ça n'est pas amusant.
BALTHASAK.
Oh: sans doute; le devoir n'est jamais amusant... Et puis c'est une chose si longue qu'un an de constance!
JOSÉPHINE
Mais oui .. Et il ne faut pas croire qu'en fait de constance tous les hommes en aient déjà tant... Vous, tout le premier; car autrefois vous adoriez madame.
GRINCHEUX
Vous vous seriez mis au feu pour elle ! témoin l'incendie du château , où vous vous êtes fait une blessure à la jambe , en voulant la sauver.
JOSÉPHINE
Et maintenant vous êtes toujours de mauvaise humeur quand on parle d'elle. Il semble que vous lui en vouliez.
lîALTIlASAR.
Moi!... Qui vous a dit cela? Est-ce que je l'accuse? Est-ce à elle que j'en veux ?
420 UiNE FAUTE.
JOSKPIllNE.
El à qui doue?
lULTIIASAi!.
A sa tante,... à madame Darmcnticres.
JOsiiiMiiNr:.
A ma marraine ! qui , au fond , est une si bonne femme !
BALTI1\S\IÎ.
Une vérilaWe Espa,s;noIe, qui , avec ses idées castillanes, voit partout des don Rodrigue et des héros de roman... Donnez donc un pareil mentor à une femme de dix-sept ans, légère et sans expérience !
JOSÉPUINE.
C'est justement ce qui prouve^pour madame la comtesse,... elle n'en a que plus de mérite à se conduire comme elle fait... ^lais a nous autres femmes, on ne nous rend jamais justice.
(Elle va se rasseoir.)
liALTHASAU.
Ah! souvent, si on vous la rendait...
JOSKPniNE.
Fi! ce que vous dites là n'est pas galant... Mais, eu général, monsieur Balthasar ne se pique pas d'être poli.
BALTHASAR
Ce n'est pas d'hier, du moins, que vous pouvez me faire ce reproche;... car je vous ai saluée deux fois sans que vous ayez daigné m'apercevoir.
El où donc'
GRINCHEUX
BALTHASAU.
Au château de Raha ,... où vous vous promeniez en compagnie.
Tu as été hier te promener avec ta tante. .. en sortant de dincr.
JOSÉPHINE, baissant les yeux.
Oui, mon ami.
BALTHASAR, d'un air de doute et s'apprncliant de Joséphine.
Ah , cousine ! ah ! c'était votre tante qui vous donnait hier le bras !
.JOSÉPHINE , d'uu air suppliant.
Monsieur Balthasar...
liALTHASAR, à deiui-voix , cl avec humeur.
Soyez tranquille!... est-ce que je vois jamais ce qui ne me regarde pas ?