ACTE II , SCÈNE V
ERNEST
Ce matin , probablement... Eh mais !... ta main est brûlante ;.. , est-ce que la fièvre reprend?...
LÉONIE, avec égarement, et retirant sa niaiu brusquement.
Non, non... Je suis bien..,
ERNEST , se levant.
Eh, mon Dieu!.... cela m'inquiète. (11 appelle. ) Joséphine!... ( Courant à lafentHre. ) Les voitures ne sont plus dans la cour... nos docteurs sont repartis... ah ! ce qu'ils ont ordonné... si on l'avait apporté...
( Il entre dans la chambre de Lconie. ) LKONIE , seule.
Que je souffre !... mon Dieu! que je souffre!... Ma tète est en feu! Où suis-je ?... (Écoutant.) J'entends marcher;... on vient,... on vient...
ERNEST , entrant.
Ils n'ont rien apporté ;... n'importe... (Apercevant Léonie, quiselève
et marche.) Ah ! quelle agitation ! ... quel trouble effrayant ! Léonie ! . . .
LÉONIE , avec égarement.
Taisez-vous !... N'entendez-vous pas.^.. Il monte... Le voilà...
ERNEST
Et qui donc ?
LÉOME.
Balthasar !... devant moi! oh ! que j'ai peur! J'ai beau baisser mon front,... il me voit toujours,... n'est-ce pas.' (Se jetant dans les bras d'Ernest.) Qui que VOUS soyez, par grâce,... par pitié,... cachezmoi;... qu'ilne puisse pas m'apercevoir;... il dirait :... «La voilà!... «elle est -coupable! »
ERNEST
Léonie !... quelle idée!... quel mensonge !
LÉONIE
Non,... non,... l'on ne ment point avec des cheveux blancs... Ha dit vrai.
ERNEST
Quel délire vous égare !... songez à vous-même,... songez à votre père.
LÉONIE
Mon père!... mon père!... ah! viens, emmène-moi... Éloignonsnous!... C'est ce jeune homme,... ce parent d'Ernest.
ERNEST
Un parent à moi ! . . . eh ! qui donc ?
l.KOMK.
Nelevois-lu pas?... il vient d'entrer dans le salon ;... il pari dans huit jours pour l'armée... et ma tante a voulu qu'il rcslèitce tempslà au château... Moi, je ne voulais pas ;... je ne devais pas le souffrir, car il m'a dit qu'il m'aimait... Moi, je n'aime qu'Ernest... Il pleure,... il se désespère... Pour le consoler j'ai laissé tomhcr mon houquet, qu'il vient de ramasser... Tiens , vois-tu ? ... il l'a porté à ses lèvres, et l'a caché dans son sein... ( Avec un soupir. ) Heureusement il part demain... Qui vient-ià.^... entrer ainsi chez moi... la nuit... par ce balcon !... C'est lui... Ah! que ma légèreté fut coupahle, si elle a pu lui inspirer une pareille audace!... Sortez !..• laissez-moi,... laissez-moi !... vous me faites horreur!
ERNEST
O rage !
LÉOME.
Je n'aime qu'Ernest... Ernest, viens me défendre... je suis digne
de loi... Viens... ( Avec désespoir. ) Non!... va-t'en... (Tombant à genoux. ) 0 mon Dieu !... ô mon père... pardonnez-moi!
ERNEST
Tais- toi , malheureuse ! . . . tais-toi !