ACTE I, SCÈXE m
Hier après minuit , c'est comme si c'était aujourd'hui ; et je sens déjà que ce voyage m'a fait beaucoup de hien.
ISMîEU.K.
Oh non!... Vous étiez trop in(|uiet; à chaque instant, vous vous informiez si le baron de Saldorf, si l'envoyé de Saxe ne nous avait pas précédés. Je vous demande ce que cela fait d'arriver une heure plus tôt:'
LE COMTE
Isabelle!...
ISABELLE
Ah , mon Dieu ! est-ce que j'ai eu tort de dire cela? est-ce que cela vous fâche ?
LE COMTE
Moi , en aucune façon.
ISABELLE
Ne m'en voulez pas , je ne parlerai plus de ce voyage , d'autant plus que nous voilà arrivés, et j'espère bien me dédommager ici des ennuis de la route.
LA MARQUISE
.Te n'ose vous le promettre. Dans celte résidence, on est trèssérieux, il y a peu de plaisirs, peu de fêles.
ISABELLE
Il y en aura ; du moins je m'en doute , car mon père ne me dit jamais rien, mais il m'a ordonné d'emporter mes robes de bal : et une robe de bal , vous savez ce que signifie... Moi, d'abord , j'ai compris de suite. Bien plus, il a eu la bonté (car excepté de parler, mon père ne me refuse rien) , il a eu la bonté de commander un manteau de cour magnifique.
Moi !
ISABELLE
Vous savez bien, comme ceux que portaient les dames d'honneur au mariage de notre reine.
LA MABQLISE.
0 ciel !
ISABELLE
C'est peut-çtre alors pour quelque cérémonie de ce genre-là.
LE COMTE , ■vivement.
Isabelle!...
4i LIi DH^LOMATE.
ISABKM.i;.
Ah , mon Dieu ! csl-oe que j'ai encore eu torl de dire cela? Ne vous fâchez pas, je ne parlerai plus jamais de robe de cour, de l),'»l , ni de mariage.