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SCÈNE II

LES PRÉCÉDENTS ; LÂPIERRE , sortant de l'appartcmcDlde madame Riqiiebourg.

LAPIERRE

Madame fait dire à mademoiselle de passer chez elle.

ELISE

Et moi , qui m'amuse là à causer.

RIQIEBOURC.

Qu'est-ce que ça fait ! reste encore.

ÉLISE

Je le voudrais ; mais ma tante qui m'attend pour ma leçon de géographie et d'histoire , car c'est elle qui s'est chargée de mon éducation ; il y a deux ans , quand vous m'avez fait venir du pays , tout le monde se moquait de moi : j'étais si gauche, ne sachant pas dire un mot sans faire une faute !

RIQUEBOURG,

Voilà comme je t'aimais! uous pouvions causer ensemble.

ÉLISE

Oui ; mais tant que j'étais ainsi, qui m'aurait épousée? Ma tante me disait toujours que mon avenir en dépendait; qu'il n'y avait pas en ménage de bonheur possible quand un des deux avait à rougir de l'autre : et comme maintenant , dans la société , tout le monde avait des connaissances et de l'instruction...

RIQIEBOLRG.

Laisse-moi donc tranquille ; tu crois peut-être que c'est avec de la géographie ou de l'histoire que tu trouveras un mari !

Air : De sommeiller encor, ma chère.

A quoi bon app'Ier à ton aide

Et la science et son fatras ?

Avec de l'or, et j'en possède,

Avec un' dot , et tu l'auras ,

Tu n'nianqu'ras pas, tu peux m'en croire,

D'épouseurs;.. et ça, mon enfant,

C'n'est pas un cont', c'est de l'hisloire,

L'histoire de Franc' d'à présent.

Du reste, chacun est libre, fais comme tu voudras, (Élise ra s'as-

SCRIBE. — T. m. 41

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seoir dcvani la table. ) Mais je suis altéré d'avoir parlé. Lapierre, tlonne-moi un petit verre.

L\PIERRK.

Comment , monsieur ?

RIQUEBOIRG.

Rhum ou eau-de-vie, comme tu voudras, pourvu que ce soit du sec. (Sur un siguc d'Élise, LapiLMTc licsitc. ) Eh bien ! est-ce que tu ne m'entends pasl'

( Lapierre sort. ) ÉLISE, qui pendant ce temps a pris ses livres et ses cahiers, passe à la gauche de Riquebourg.

Y pensez-vous, mon oncle."* Le docteur qui vous a défendu de prendre la moindre liqueur.

RIQIEBOIRG.

Bah! Est-ce que je crois à tout cela.^

ÉLISE

11 a pourtant bien dit...

RlQlEtOURG.

Oui, oui, ils disent tous que j'ai la même maladie que mon père; ce n'est pas vrai. Et si c'était, raison de plus ;... le pauvre cher homme était la sobriété même , ainsi que mon grand-père ; ça ne les a pas empêchés tous deux de mourir à cinquante ans.

Air du Baiser au Porteur.

Tu vois donc bien qu'c'est uoe duperie, Pendant qu'j'j' suis, je veux vivre avant tout-

( Lapierre icnlrc avec un j)orte-liqueurs qu'il pose sur la table.) Moi, je chéris le rhum et l"eau-de-vie

Par reconnaissance et par goût.

Dans les licjueurs j'ai, négociant honnête, Fait nia forlune, elje peux te l'jurer, Sans que les uii's m'aieut l'ait tourner la tète, Et sans qu'jamais l'autre ait pu m'enivrer.

(On entend sonner au dehors.)

Tiens, voilà que l'on sonne chez ta tante.

ÉLISE

J'y vais.

(Elle va pour entrer dans la clianil)rc à droite.) lilQlEEOlRG, à Elise, qui est sur le seuil de la porte.

Et surtout ne lui parle pas de ces bêtises du docteur ; elle n'en sait rien , et ça l'effrayerait.

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ÉLISE

Oui , mon oncle.

( Elle enlic dans \n diaiiibrc à droite. )

RIQUEKOIRG.

Et puis ça me ferait mettre de l'eau dans mon vin , ce que je neveux pas , parce qu'il faut jouir. (A Lapicnc. ) Verse tout plein, attendu que la vie passe ( l'avalant ) comme un petit verre.

LAPIERRE

C'est là de la philosophie.

RltJUEBOl'RC;.

De la philosophie au rhum ! voilà comme je l'aime. Verse encore. Qu'est-ce que tu dis de cela ?

(\aÙ montr;int son verre.) LAPIERRE, passant sa langue sur ses lèvres.

Que ça ne doit pas être mauvais.

RIQLEBOLRC.

Et bien , imbécile! prends en un, et trinque avec moi.

LAPIERRE, honteux.

Ah , noire mailre !

RIQUEBOL'RG.

Allons donc! je n'aime pas qu'on me réplique... ( Lapierrc prend

uu verre, et l'emiilit. ) A ta santé.

LAPIEP.RE.

A la vôtre. (A part.) V'iàt-il un bon mailre! Il n'est pas fier, celui-là !

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