‹ Œuvres choisiesChapitre 47 sur 446 · I.E COMTE · texte numérisé non relu

I.E COMTE

Celle-là est la seule que j'estime, la seule que j'honore.

CHVVIGM.

Chacun son avis. N'entendant rien aux discussions de la i)olitique, j'ai repris l'état militaire. Pour cela il ne faut ni détour, ni linesse; on a toujours assez d'esprit pour donner ou recevoir un coup d'épée.

Air des Scvtlies et des Amazones.

J'aime la guerre, ef, morbleu! je m'en flalle,

Dans la balance du combat ,

La plume d'un bon diplomate A moins de poids que le fer du soldat. Sur le papier, toujours prêts à combattre. Et toujours prêts à vous exterminer; Vous raisonnez, mais sans jamais vous battre; Nous nous battons sans jamais raisonner.

LE COMTE

C'est un mérite; mais , par malheur, il n'y en a pas qui soit plus en opposition avec le genre de talent que je voudrais trouver dans mon gendre. Pour un homme sensé , est-il rien de plus absurde que la guerre? n'est-elle pas, de sa nature, l'ennemie née de la diplomatie.^ Quelle objection voulez-vous faire à cent mille baïonnettes ? et quel argument opposer à un coup de canon ? C'est l'abus, c'est le triomphe de la force ; où règne le sabre , la pensée est muette, il n'y a plus de civilisation, c'est la Turquie ; nous sommes à Alger. Mais , dans le silence du cabinet , par la seule influence du raisonnement, par d'heureuses et d'habiles combinaisons , mettre un frein à l'ambition , maintenir l'équilibre , la paix entre les différentes puissances, et forcer enfin les hommes à être heureux, sans leur mettre les armes à la main et sans répandre leur sang, voilà ce qu'on ne peut trop admirer, voilà ce qui est beau, ce qui est sublime ! C'est le triomphe et l'œuvre du génie !

CHAVIGM.

Oui , en apparence ; mais que dirait-on si l'on connaissait souvent les causes secrètes ou réelles des plus grands événements." Non pas que je veuille enlever à d'habiles ministres , à de grands négociateurs, la gloire qui leur appartient, mais convenez vous-

môme que, si l'on faisait la part des hasards, celle du mérite se réduirait souvent à bien peu de chose.

Air : Comme il m'aimait.

C'est le tiasard ( Bis. ) Que l'on doit invoquer sans cesse.

Qui d'un poltron lait un César?

Qui d'un valet fait un richard?

Qui d'un iiéros fait les prouesses?

Et qui parfois fait des Lucrèces?

C'est le Iiasard.

LE COMTE

Et moi, je soutiens qu'il n'y a point de hasard pour un homme habile , que c'est le talent qui fait tout... Mais qui vient là ;' C'est M. de Rhinfeld, le secrétaire des commandementà , qui a pour moi déjà une amitié à toute épreuve.

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