‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 1 sur 102 · AVÈNEMENT DE JÉSUS EN CHAIR ET LA SAINTE COMNUNION · texte numérisé non relu

AVÈNEMENT DE JÉSUS EN CHAIR ET LA SAINTE COMNUNION

Prélude. — Adorer le Verbe « se faisant chair et venant prendre son habitation parmi les hommes » ; puis essayer d'établir un vrai parallèle entre l'avènement du Sauveur en chair, et la visite qu'il fait aux âmes dans son Sacrement.,... Après avoir adoré le divin Maître, le remercier, dans toute l'effusion du cœur, de ces deux grands bienfaits : « Magnificat anima niea Dominnm >.

Considère, ô mon âme, les dispositions avec lesquelles les justes de l'ancienne alliance se préparèrent à l'avènement du Dieu libérateur.

(i) Les Méditations, par lesquelles nous terminons la publication des Œuvres choisies de Mgr Billard, ont été composées par ce dernier vers 1865, lorsqu'il était vicaire à Notre-Dame de Rouen, pour une âme qu'il dirigeait. Nous avons cru bon d'en faire profiter toutes les personnes pieuses qui ont été autrefois sous la conduite de ce guide éclairé, et celles qui, l'ayant connu évêque, ne l'ont pas eu pour directeur. Les unes et les autres y trouveront, nous n'en doutons pas, lumière et encourag-ement dans la voie du bien. C'est le but et toute la raison d'être de ce livre.

(Ar. de VÈdit.).

i° Combien vifs et ardents étaient leurs désirs l Invinciblement attirés vers Dieu et séparés de lui par le mur infranchissable qu'avait élevé la faute d'Adam, ils ne cessaient de soupirer, du fond de leur âme, après Celui qui leur avait été annoncé comme

Sauveur, dès l'aurore même du monde Comme

le prisonnier, du fond de son cachot, aspire après le jour de la mise en liberté, comme le pauvre exilé soupire après son pays natal, ainsi se portaient-ils, par les vœux les plus intimes et les plus brûlants du cœur, vers cet adorable Messie, vers ce miséricordieux Maître, qui, par son amoureuse médiation, devait effacer la faute primitive, les relever de leur chute, les réconcilier avec leur Dieu et leur rouvrir le Ciel

2° Non contents de soupirer intérieurement après sa venue, ils l'appelaient continuellement par leurs prières. Tantôt ils le demandaient au Ciel... aux nuées... à la terre : « Rorate, cœli, desuper et nubes pluuut justum. Aperiatnr terra et ger minet Salvatorem». Tantôt ils s'adressaient directement à Dieu le Père, et le conjuraient avec instance d'envoyer « Celui qu'il devait envoyer, Mitte qucm missurus es ». D'autres fois c'était dans le sein même de l'auguste Libérateur, par eux attendu, qu'ils s'épanchaient en exclamations pleines de feu : « O Sagesse éternelle ô Adonaï ô Emmanuel venez sauvez-nous ne tardez pas ».

3° Ils s'appliquaient surtout, suivant les conseils des prophètes, à lui « préparer la voie et à redresser les sentiers » par où il devait arriver « abaissant toute montagne » (brisant tout orgueil), et « comblant toute vallée » (se prémunissant contre le découragement et la pusillanimité).

Telle est la préparation que tu dois apporter toimême, ô mon âme, à la visite de ton Sauveur dans la sainte Communion. C'est bien dans son sacrement eucharistique qu'il est le vrai Emmanuel, « Dieu avec nous ». Oui, pour toi comme pour les anciens justes, celui qui vient, c'est le Libérateur : il vient te délivrer de la servitude des passions et des penchants mauvais ; c'est le Sauveur : il vient t'arracher à tes ennemis ; c'est aussi un médecin : il vient guérir tes infirmités ; c'est un père : il vient t'étreindre dans ses bras et te serrer sur son cœur ; c'est un ami : il

vient partager avec toi tous ses biens

Veux-tu donc, ô mon âme, que ce bon Maître, en venant à toi, te fasse tout le bien qu'il te souhaite ?

i° Soupire, soupire ardemment après sa venue : de temps en temps, dans le courant du jour, laisse ton cœur se porter vers lui dans les ardeurs d'une sainte impatience, « comme le cerf altéré se porte

vers la source qui doit le rafraîchir »

2° Appelle-le en toi par des oraisons de feu ; demande-le au tabernacle, où il réside ; aux anges, qui l'y adorent en lui faisant cortège; au prêtre, qu'il

a institué comme le dispensateur de ses mystères

A l'exemple de la pieuse épouse des Cantiques, charge tous ceux que tu rencontres, tous les anges qui se trouvent sur ton chemin, mais surtout ton Ange gardien, d'aller lui annoncer que tu « languis d'amour » et que tu ne peux vivre sans lui Interpelle-le toi-même directement, lui disant, avec le disciple bien-aimé : « Veni, Domine Jesu, veni ; venez, Seigneur Jésus, venez ! » Sans vous, tout n'est qu'en-

nui, vide, dégoût, tristesse, amertume ; avec vous, tout s'enchante, tout n'est que douceurs, suavités, consolations. Sans vous, la vie est un cruel enfer ;

avec vous, c'est un délicieux paradis

3° Prépare-lui la voie : redresse les sentiers par où il peut arriver en toi ; oh ! abaisse encore les collines de l'amour-propre, de l'estime personnelle, de l'égoïsme, de l'orgueil: ces sentiments, comme autant de montagnes, lui obstruent le passage, tandis que

l'humilité l'attire à force Comble aussi les vallées

du découragement et des défaillances morales : qu'aucune épreuve ne te déconcerte, qu'aucune angoisse

ne t'abatte, qu'aucun sacrifice ne te rebute Se

laisser effrayer par un sacrifice et décontenancer par une épreuve, c'est manquer à l'appel de Dieu, qui les envoie directement ou, du moins, les permet, les mesurant d'avance à nos propres forces L'abandon à la divine volonté, l'esprit de sacrifice et d'immolation, voilà les dispositions les plus parfaites que

tu puisses apporter à la visite de ton Maître

(Examen sérieux sur sa conduite passée sous ces divers rapports, et résolution efficace pour l'avenir.)

Résolution. — Souvent, pendant le saint temps de l'Avent surtout, emprunter aux justes de l'alliance ancienne quelques soupirs, quelques prières, quelques actes de vertu comme préparation à la sainte Communion. Redire de temps en temps, surtout dans le cours de l'après-midi, cette aspiration jaculatoire: « Vent, Domine Jesn, veni ».

AVENT

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