ACTION DE GRACES APRÈS LA COMMUNION SA NÉCESSITÉ
Prélude. — Se représenter le bonheur qu'éprouva la Sainte-Vierge au moment où le Fils de Dieu vint s'incarner dans son chaste sein. Quels ne furent pas ses sentiments de reconnaissance envers son Dieu!
Eh bien! le bonheur d'une âme qui communie
n'est pas moindre : la sainte Communion, dit saint Augustin, c'est « une nouvelle incarnation du Sauveur Jésus dans les âmes». Quelle ne doit donc pas être la gratitude d'une âme qui vient de recevoir son
Dieu! Remercier Notre-Seigneur, en union avec
Marie, de toutes ses communions précédentes, en récitant du fond de l'âme le Cantique de l'action de grâces: Magnificat
Il y a trois choses, dans un bienfait, qui intéressent le cœur et qui provoquent sa reconnaissance: la valeur du bienfait en lui-même, l'amour qu'il suppose dans celui de qui on l'a reçu, la préférence dont on a été l'objet en le recevant.
i° O mon âme, quand tu quittes la Table sainte
quel trésor emportes-tu? Ou'as-tu reçu? «Un
bienfait si grand, dit saint Augustin, que Dieu, tout
Dieu qu'il est, ne saurait donner davantage » le
même bienfait que Marie Que te manque-t-il,
quand tu possèdes Jésus, son corps, son sang, son âme, sa divinité et que tu peux lui dir e avec une sainte familiarité: «O mon Sauveur, tout ce qui est à vous est à moi»? Ne peux-tu pas Rappliquer, en ce moment bienheureux, avec la plus consolante vérité, ce mot si doux qu'aimait tant à répéter saint François de Sales: «Qui a Jésus a tout»?
2° Et ce trésor qui les renferme tous, n'est-ce pas uniquement à l'amour de Jésus que tu en es redevable? C'est son amour qui le porte à se donner
tout entier.... . à s'unir intimement, à s'identifier
avec toi Il semble qu'il ne trouve son bonheur
que dans cette communication dans cette fusion
et pourtant, ô mon Dieu, je le confesse, vous
n'avez rien à gagner dans cette alliance Il semble
que tout devrait vous éloigner de moi mes
péchés mes misères mes froideurs Ne
suis-je pas la plus faible et la plus indigne de vos
créatures? En vous donnant à moi, vous ne
prenez conseil que de votre miséricorde, de votre amour infini
3° Non seulement le Sauveur me témoigne dans la Communion une tendresse portée jusqu'à l'excès, mais n'y a-t-il pas, dans sa charité à mon égard, une préférence capable de m'attendrir en même temps
que de me confondre? Sans parler de tant de
peuples que l'infidélité ou l'hérésie privent de la divine Communion, même parmi les enfants de l'Église, la Table sacrée n'est d'un accès facile qu'au
petit nombre et moi moi je suis une de
ces âmes privilégiées qui ont le bonheur d'y participer tous les jours! Oh! de quelle vive reconnaissance ne devrais-je pas être pénétrée! Quoique
l'amour du Sauveur mon maître soit le plus généreux et le plus désintéressé de tous, il se plaint pourtant et d'une manière touchante, quand il ne reçoit qu'ingratitude à cause de ses bienfaits «J'ai guéri dix
lépreux, dit-il dans son Évangile, un seul me remercie; où sont donc les neuf autres» ?
L'action de grâces, tu viens de le voir, ô mon âme, est un devoir de la plus stricte justice; oh! comme tes
propres intérêts te la prescrivent! Comme tu
peux en retirer d'inappréciables fruits ! C'est un
sentiment commun parmi les Docteurs que les actes de vertu pratiqués immédiatement après la sainte Communion ont un mérite particulier, comme étant produits par une âme intimement unie à l'âme du Fils
de Dieu Tout ce que tu fais alors, il le fait avec
toi; tu adores, il adore; tu remercies, il remercie
Tes actes, identifiés avec les siens, sont, en quelque sorte, théandriqiies comme eux, c'est-à-dire divinement humains Voilà ce qui te rend l'objet, malgré
tes faiblesses, des complaisances du Seigneur
Non, dans un pareil moment, il ne pourrait rien te
refuser Mais peux-tu te flatter de n'avoir pas
souvent par ton ingratitude mis obstacle aux desseins
de son amour? (S'examiner sur ses actions de
grâces depuis le jour où on a été admis au bonheur de la communion fréquente). Hélas! toi qui stigmatises et flétris avec tant de sévérité les cœurs ingrats et oublieux des bontés reçues, que de fois ne sembles-tu pas avoir mis en dehors des droits à la
reconnaissance le Sauveur ton Dieu! Il était
venu se donner à toi, tu le possédais au plus intime
de ton cœur, et tu pensais à peine à lui Tu n'avais
rien à lui dire point d'hommage à lui rendre,
point de grâce à lui demander Pardon, mon
Dieu, pardon
Résolution. — Offrir à la sainte Messe Notre- Seigneur à Dieu son Père comme victime eucharistique pour toutes ses communions passées. Réciter, en union avec Marie, tous les saints et toutes les âmes pieuses, lé Magnificat après la Communion, le midi et le soir.