‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 50 sur 102 · OCTAVE DU SAINT-SACREMENT BÉNÉDICTION DU SAINT-SACREMENT · texte numérisé non relu

OCTAVE DU SAINT-SACREMENT BÉNÉDICTION DU SAINT-SACREMENT

Prélude. — L'Apôtre des révélations, confident des secrets divins, parce qu'il était le disciple bienaimé, entrevit un jour son bon Maître portant sur son sein une ceinture d'or: « Prœcinctum ad mamillas zona aiirea » . Cette ceinture d'or, ce sont toutes les grâces, tous les biens, tous les dons spirituels que le Sauveur Jésus aime à dispenser aux âmes chrétiennes dans son Sacrement d'amour chaque fois qu'il les bénit. Ses grâces, il les donne plus spécialement aux âmes généreuses et entièrement dévouées; ses meilleures bénédictions sont pour les Jacob de la famille. Entrer dans les sentiments qu'éprouva Esaù, quand Isaac son père lui apprit qu'il avait donné sa bénédiction de faveur à Jacob, et, comme lui, dire à Notre-Seigneur : « O Père, Père, n'avez-vous qu'une seule bénédiction ? Je vous en conjure, bénissez-moi, bénissez-moi aussi. Mihi quoque obsecro ut benedicas » .

Si nous ouvrons les saints Évangiles, nous voyons qu'ils font mention de trois sortes de bénédictions émanant de Notre-Seigneur. La piété ne peut-elle pas trouver un aliment en rapportant à l'une ou à l'autre de ces trois classes les bénédictions du Dieu Eucharistique ?

Nous voyons Jésus imposer les mains sur la tête des petits enfants et les bénir. En recevant la bénédiction, considérons-nous comme des petits enfants, et prosternons-nous en esprit et en vérité sous la main sacramentelle du divin Maître étendue sur nos

têtes «Jésus aime l'enfance, dit saint Augustin.

Diligit Christus infantiam » Il aime la simplicité, la candeur, l'innocence de cet âge Si nous

ne pouvons lui offrir un cœur aussi pur que les enfants, présentons-lui une âme simple comme la leur Témoignons-lui notre vif désir de voir se développer de plus en plus en nous cette simplicité enfantine, cette expansion candide qui a tant de charmes à ses yeux

Avant de quitter la terre au jour de son Ascension, le Sauveur était entouré de ses Apôtres sur la montagne des Oliviers La tristesse était dans le cœur et sur les traits des disciples: ils ne pouvaient se résigner à la pensée de l'isolement dans lequel les devait laisser le départ de leur Maître. C'est alors que Jésus, pour consoler leur chagrin et fortifier leur âme, éleva les mains au Ciel et les bénit Et aussitôt la douleur fit place à une grande joie et le découragement à une énergie intérieure qui les transforma. Que de fois, ô mon âme, tu es triste et languissante comme les Apôtres ! La vie te pèse, le devoir t'effraye Oh! en te courbant sous la main divine qui

te bénit à l'autel, aie confiance Il est impossible

que tu ne reçoives pas des grâces précieuses de consolation et de force

L'Evangéliste sacré nous parle encore de la bénédiction du jugement dernier que le Sauveur prononcera en ces termes : « Venez, les bénis de mon Père,

entrez dans le royaume qui a été préparé pour vous depuis le commencement du monde». . . C'est bien là, Seigneur mon Dieu, la bénédiction par excellence que je désire entendre tomber de votre cœur miséri" cordieux ; mais, pour la mériter, j'ai besoin de persévérer dans votre service. .. de vous donner jusqu'à la fin des preuves d'amour pratique qui ne se démente jamais... . Mais, hélas! je ne puis me promettre à moi-même cette persévérance; vous seul pouvez m'accorder ce don, le plus doux de vos dons

Oh! accordez-le moi en me bénissant, et que

cette bénédiction sacramentelle soit pour moi le gage certain de la bénédiction suprême que vous réservez à vos élus !

Quelle source intarissable, quelle riche veine de grâces n'offrent pas aux âmes les bénédictions du Sauveur dans la divine Eucharistie!. . . Dans une âme qui, s'inclinant avec foi, les reçoit avec de saintes dispositions, les fautes et les imperfections s'effacent, les chagrins s'adoucissent, les tentations se calment, les ténèbres se dissipent . .. Le Dieu qui bénit, c'est le Sauveur des âmes : au moment où il étend les mains sur ses enfants, la blessure de son cœur s'ouvre large et profonde ; de cette blessure sacrée jaillit à flots sur ceux qui sont à ses pieds

son sang divin Comment en ai-je recueilli les

épanchements qui m'étaient destinés ? hélas ! que de gouttes j'en ai laissé tomber à terre, soit par tiédeur, soit par indifférence... . le plus souvent par

dissipation! Désormais, ô mon Dieu, soutenue

par votre grâce, je mettrai toujours à profit ces ins-

tants si précieux : tantôt je me ferai petite enfant, suivant votre recommandation, pour mériter vos faveurs de privilège et les attirer en moi ; tantôt, triste et faible, j'attendrai de vous cette bonne parole, cette douce et bénigne influence qui consolera mes peines et ranimera mes défaillances ; tantôt, me reportant au dernier des jours, je verrai en vous à l'autel le Juge suprême, et, au nom de vos souffrances et de votre mort, je vous demanderai cette constance dans le bien qui me donne droit d'attendre un jugement favorable "Souvent peut-être, accablée par

la conviction de ma misère profonde et de l'étendue de mes besoins, il m'arrivera de ne savoir comment vous exposer ma détresse, ni quels dons réclamer. Eh bien ! alors, j'en prends la résolution, ô mon Dieu, je me contenterai de courber la tête et de vous répéter ce cri d'un de vos saints : « Sicut scis et vis, Domine ». Vous savez ce qui me convient le mieux: que votre volonté soit faite, ô mon Maître!

Résolution. — Aimer souvent, en venant au pied du saint Tabernacle, à considérer Notre-Seigneur, à l'exemple de saint Philippe de Néri, dans l'attitude et la douce occupation d'un père qui bénit ses enfants. A la sainte Messe, lui demander pardon du peu de foi et de piété avec lequel on a reçu quelquefois ses bénédictions ; mettre en usage, en les variant, les diverses pratiques indiquées dans la méditation. Redire souvent cette oraison jaculatoire : « Obsecro ut benedicas. Bénissez votre enfant, je vous en conjure » ! . .

FÊTE DU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS

(Vendredi après l'octave du Saint-Sacrement)

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