‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 37 sur 38 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous l'avons parcourue ensemble, cette carrière des douleurs de notre Dieu ; ne descendons pas de la montagne sainte sans emporter dans notre âme une pensée féconde pour notre vie. « Il a fallu que Jésus- Christ souffrît, dit saint Luc, et que par là il entrât dans sa gloire » : telle fut la conduite du Maître ; « C'est par beaucoup de tribulations que nous arriverons au royaume de Dieu » : telle est la destinée du disciple. Comme la copie est bien façonnée sur l'original ! Notre vie doit être pour nous la voie du Calvaire, le chemin de la Croix. Mettons donc le bois du sacrifice sur nos épaules, et gravissons le sentier de la colline de l'immolation avec la patience et la générosité du Maître. Ne savons-nous pas que, si Dieu crucifie tout en nous, c'est pour nous béatifier? La passion est le germe, la béatitude est le fruit ; le Calvaire est la route, le Ciel est le terme. Il y a dans la souffrance quelque chose qui tient du baptême de sang et de l'acte d'amour parfait : elle

nous sanctifie et nous rend immédiatement dignes du Ciel, si elle est portée avec foi, avec générosité, avec amour. C'est ce qu'enseigne l'apôtre saint Paul ; ce théologien inspiré nous avertit que le signe de la prédestination, ce n'est ni la prophétie ni l'extase ni le don des langues, mais la conformité avec Jésus-Christ en Croix : « Qkos prœdestinavit fieri conformes imagini Filii sni »...

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