NOTICE
sous la monarchie absolue de Louis XIV, ont cette singularité d'être des principes libéraux.
Par là, Fénelon était hors des idées de son temps, ou plus exactement il était en avance sur son temps; on ne saurait donc s'étonner que Louis XIV ait traité de chimères les conceptions d'un esprit qui fait parfois songer à J.-J. Rousseau, et qu'il ne l'ait jamais appelé dans son conseil. C'était, Saint- Simon nous l'a dit, l'ambition de Fénelon. Cet homme souple, gracieux, élégant, un peu féminin et rêveur, était sous ses apparences un homme d'action. Mais il lui manqua l'occasion d'agir. Une autre ambition qu'il eut, fut de devenir archevêque de Paris ; ici encore, il fut déçu. Il fut, en 1695, nommé au siège archiépiscopal de Cambrai. Il y fut bientôt tfoublé par la fameuse querelle du quiétisme, que nous n'avons pas à raconter, dans laquelle il eut Bossuet pour adversaire, et où de si rudes coups furent donnés de part et d'autre. Malgré l'ingéniosité et tout l'esprit de ses répliques Fénelon fut condamné par le Saint-Siège. Il se soumit avec une humilité parfaite. Dès lors, tout en combattant le jansénisme, il s'adonna avec un soin grandissant à l'administration de son diocèse. Sa grâce lui conquit les sympathies de tous. En 1711, quand le grand Dauphin mourut, il put espérer de remplir enfin un jour un rôle politique auprès de son élève le duc de Bourgogne, devenu l'héritier du trône ; mais le duc de Bourgogne mourut à son tour en 1712. Les dernières espérances de Fénelon étaient détruites. Dès lors sa vie ne fut plus qu'un acheminement vers la tombe. Il mourut le 7 janvier 1715, quelques mois avant Louis XIV. Il était membre de l'Académie française depuis 1693.
Nous n'avons pas mentionné au cours de cette brève notice tous les ouvrages de notre auteur. La plupart traitent de théologie et sa correspondance même, si considérable et si intéressante, est formée pour la plus grande partie de lettres spirituelles.
FÈNELON
Nous n'avons rien donné des œuvres de cette nature. Nous avons seulement réuni dans ce volume, à la suite du Traité de l'éducation des filles, qui est un de ses ouvrages principaux, toutes ses Fables en prose, auxquelles nous avons ajouté trois fables en vers, et les mémoires politiques sur les précautions à prendre après la mort du duc de Bourgogne; nous y avons ajouté quelques lettres, parmi celles qui traitent de politique ou de littérature.
Chacun des textes que nous donnons est accompagné de notes qui nous dispensent de parler ici en détail de chacun d'eux.
Il y a plusieurs éditions des œuvres complètes de Fénelon On peut citer celle de Gosselin et Caron (Versailles, 1820- 1830), elle a 34 volumes, dont 11 pour la correspondance et un pour les Tables ; — et celle de Saint-Sulpice (1851-1852) ; 10 vol. in-8°.
DE L'ÉDUCATION DES FILLES (1