QUATRIÈME MÉMOIRE
Éducation du jeune prince.
I. Si M. le duc de Beauvilliers peut être nommé gouverneur, il doit se sacrifier, et s'abandonner les yeux fermés, sans s'écouter soi-même. Le cas est singulier. Quand il ne ferait qu'exclure un mauvais sujet, il ferait un bien infini. Il doit se sacrifier à l'État, à l'Église, au roi, et au prince, qu'il a tant aimé.
IL S'il était nommé, il pourrait obtenir une espèce de coadjnteur comme M. le duc de Chaulnes ou M. le duc de Charost. Il serait fort soulagé par un ami de confiance, et la succession serait mise en sûreté.
III. Il faut un gouverneur, non seulement propre à former le jeune prince, mais encore autorisé, et ferme pour soutenir, en cas de minorité, une si précieuse éducation contre les cabales.
IV. Il faut que le précepteur soit ecclésiastique ; il enseignera mieux la religion, il posera mieux des fondements contre les entreprises des laïques ; il sera plus révéré : mais, comme je ne connais presque personne dans le clergé, je ne puis proposer aucun sujet. Il faut qu'il soit entièrement uni au gouverneur.
V. Il me paraît que, dans ce cas particulier, il faudrait choisir un évêque. Ce caractère lui donnera plus d'autorité sur le prince et sur le public ; il sera moins exposé aux révolutions des cabales. On pourrait faire approuver par le pape qu'un évêque se chargeât de cet emploi, dans un cas si extraordinaire pour la religion.
VI. Les sujets de l'ordre épiscopal que je considère de loin, et sans pouvoir m'arrêter à aucun, faute de les connaître à fond, sont MM. de Meaux, de Soissons, de Nîmes, d'Autun, de Toul.
VII. M. l'abbé de Polignac est un courtisan qui suivrait la faveur ; d'ailleurs il a l'esprit et les connaissances acquises : mais je ne le souhaite point.