II l\m., n, 2. — 2. Tit.f I, S
Paul et saint Barnabe. Mais enfin M. Claude avoue que le ministère dtt collège des apôtres avoit ï in dépendance, Vautorité souveraine et infaillible tt ne reste plus qu'à savoir comment il pourra prouver que ce ministère, divin en toute manière, indépendant, souverain, infaillible, n'a point passé à leurs successeurs, et que ceux-ci n'ont eu qu'un ministère inférieur, dépendant, en partie divin et en partie humain. Voilà une étrange chute du ministère. Il falloit au moins la prouver clairement par l'Écriture. Mais M. Claude veut être cru sans preuve. Ce seroit pourtant à lui à trouver ces deux ministères si différents marqués dans l'Écriture, et à nous montrer des promesses faites dans le texte aux apôtres en général, qui ne passent point à leurs successeurs. Qui vous écoute m'écoute, regarde les pasteurs de tous les siècles. Le catéchisme des protestants de France le dit formellement, au dimanche quarante-cinquième. Le synode de Dordrecht l'a reconnu aussi, et s'en est servi contre les remontrants. Quand Jésus-Christ a dit : « Quiconque reçoit celui que j'aurai envoyé, me reçoit; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé '; » il a parlé pour les pasteurs de tous les siècles. Les protestants n'oseroient nier que la mission de chaque pasteur ne soit divine, et qu'il ne soit l'envoyé de Jésus-Christ, comme Jésus-Christ est celui de son Père. Voilà ce qu'on ne peut révoquer en doute, « si ce n'est toutefois, comme dit saint C^^prien^^, que quelqu'un ait assez de témérité sacrilège et d'égarement d'esprit pour penser que l'évêque soit établi sans le jugement de Dieu. » Si Jésus-Christ dit aux apôtres: a Allez, enseignez toutes les nations les baptisant, etc.; et voici que je suis avec vous, » ces paroles ne regardent pas moins les successeurs des apôtres que les apôtres mêmes, puisque les apôtres ne pouvoient point enseigner et baptiser eux-mêmes jusqu'à la fin du siècle, eux qui ont vécu peu d'années après la mort de Jésus-Christ. C'est en vain que M. Claude soutient qu'ils « sont encore nos pasteurs, et qu'ils nous enseignent dans leurs écrits qui sont leurs chaires ^. » Dans leurs écrits ils ne baptisent point jusqu'à la consommation du siècle; et ce seroit une trop grande obstination que de nier que la promesse regar le leurs successeurs. Ce que Jésus-Christ a dit à saint Pierre regardoit aussi sans doute tout le corps des pasteurs, a Je vous donnerai, dit-il*, les clefs du royaume des cieux, et tout ce que vous lierez sur la terre sera lié aux cieux; et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié aux cieux. » Il ne s'agit pas d'examiner ici ce que nous prétendons sur la primauté de saint Pierre. Nous convenons avec, les protestants que les clefs sont données en sa personne à tous les pasteurs. M. Jurieu le dit lui-même. C'est précisément par la force de ces paroles que le ministère se forme. C'est sur ces paroles que nos frèies fondent le droit que leurs pasteurs prétendent avoir d'excommunier ies fidèles indociles. Mais Jésus-Christ donna-t-il deux sortes de clefs, les unes aux apôtres, indépendamment du peuple: les autres au peuple, pour commettre dans la suite des pasteurs dépendants de